En janvier 2024 on vous parlait du marché régional le plus dynamique du continent, le marché régional des titres publics de l’Union monétaire ouest-africaine (UMOA). La tendance ne faiblit pas en ce début d’année 2026, bien au contraire. Les émissions obligataires atteignent des niveaux inédits, à l’arrivée les pays membres amassent beaucoup d’argent, entre eux, sur leur propre marché…
D’après les données mises en ligne par UMOA-Titres, les États de la zone ont levé 1901,9 milliards de francs CFA (3,4 milliards de dollars) durant le seul mois de janvier 2026, soit plus du double des volumes collectés sur la même période en 2025. Aucun marché régional ne peut en dire en Afrique, certainement pas la CEMAC (Communauté économique et monétaire d’Afrique centrale), à l’arrêt à cause de la «dégradation continue de sa situation financière», les États membres n’ayant pas versé leurs cotisations pour cause de difficultés économiques.
Les chiffres impressionnants d’UMOA-Titres s’expliquent essentiellement par une sollicitation croissante des obligations assimilables du Trésor (OAT), des outils de la dette à moyen et long terme. Les émissions d’OAT se sont hissées à 1432,9 milliards de francs CFA, +300% sur un an. Par contre les bons assimilables du Trésor (BAT), qui servent généralement dans des financements de court terme, sont tombés à 468,9 milliards de francs CFA, un repli de18%.
Là il y a un changement notable au niveau des stratégies de financement des pays membres de l’UEMOA. Désormais ils misent sur des maturités plus longues, afin que les Trésors publics puissent souffler en étirant les échéances de remboursement de la dette. Cela permet également de contenir les risques liés à un refinancement trop régulier…
Les États de la sous-région sont échaudés par la chute drastique de la liquidité en 2024 et durant les premiers mois de 2025, ils ont été obligés de contracter massivement des emprunts avec des échéances de court terme, ce qui a accentué la tension autour des refinancements rapprochés. La durée de vie moyenne des titres émis en janvier 2026 était de 2,95 ans, contre 1,77 an en janvier 2025.
Sans surprise c’est le ténor de l’UEMOA et locomotive des économies ouest-africaines, la Côte d’Ivoire, qui occupe la première place parmi les émetteurs du mois, avec 1039,7 milliards de francs CFA levés. C’est plus de la moitié des montants collectés dans toute la zone. Abidjan a opté principalement pour les OAT, sur des maturités allant de 3 à 7 ans.
Le Sénégal suit mais de très loin, avec 366,7 milliards de francs CFA, entre émissions de court terme et obligations de moyen terme. Les investisseurs parient sur la dynamique de la croissance grâce à la commercialisation du gaz et du pétrole.
Le Bénin, le Burkina Faso, le Mali, le Niger et la Guinée-Bissau sont également sortis sur le marché régional en janvier dernier, mais avec des montants plus modestes. Les conditions appliquées aux taux et échéances de remboursement varient en fonction des pays.
Par contre cette fois on n’a pas vu le Togo, aucune émission à l’UMOA-Titres en janvier dernier. Il faut dire aussi que Lomé avait déjà levé plus de 100 milliards de francs CFA sur le segment de la syndication de la BRVM (Bourse régionale des valeurs mobilières), une sortie clôturée le 23 janvier 2026.
À la fin du mois dernier le volume global de la dette levée dans la zone UMOA s’était établi à 22 217,8 milliards de francs CFA, en hausse de 2,7% sur un an.
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