Incontestablement le président Emmanuel Macron était l’une des attractions du Forum économique mondial de Davos, en Suisse, ce mardi 19 janvier. Quand il a débarqué il était guetté par une meute de journalistes, arborant des lunettes de soleil pour cacher son œil injecté de sang (un pépin de santé bénin selon le palais de l’Elysée). Le chef de l’Etat a d’ailleurs discouru à la tribune avec ses lunettes, une allocution très forte, une pierre envoyée directement dans le jardin de la Maison Blanche…
Macron a pris la parole après une réplique très musclée à la surtaxe brandie par son homologue américain contre les 8 pays européens qui ont eu « l’outrecuidance » de bloquer Washington sur le dossier groenlandais. Le président français a pris la parole après que son chef de la diplomatie a envoyé paître Trump suite à l’invitation de siéger au fameux « Conseil de la Paix« . La Maison Blanche a très mal réagi, Paris n’a l’a pas ratée ce mardi.
Le président français a décrit «une période d’instabilité et de déséquilibres du point de vue sécuritaire et économique». Il a riposté énergiquement à la rafale de pics de Trump dernièrement. Macron a fustigé la «loi du plus fort», condamnant une «dérive vers l’autocratie et davantage de violence», où «les conflits sont devenus la norme». Nous entrons dans «un monde sans loi où le droit international est bafoué», a-t-il asséné.
Aux 200 % de droits de douane sur les vins et champagnes dégainés par Trump après que Paris a refusé de siéger au « Conseil de la Paix », Macron rétorque ceci : «L’Europe dispose d’outils très puissants et nous devons les utiliser lorsque nous ne sommes pas respectés et lorsque les règles du jeu ne sont pas respectées». Il a défendu l’idée d’une «préférence européenne (…) L’Europe doit renforcer ses instruments de défense commerciale», grâce notamment à des «mesures miroirs» pour «faire respecter les normes réglementaires» et une hausse des «investissements directs étrangers».
«La compétitivité européenne est toujours à la traîne par rapport à celle des Etats-Unis», a admis le président français, il invite à «réagir» à la montée de la compétitivité chinoise.
Il est revenu sur les ambitions impériales qui «refont surface». Il mise sur «le respect plutôt que les brutes», et «l’Etat de droit plutôt que la brutalité», en allusion aux appétits de Trump sur le Groenland. Macron s’est désolé du basculement dans «un monde où le multilatéralisme est encore affaibli», et dans lequel «la concurrence devient de plus en plus ardue, de plus en plus difficile, notamment avec les Etats-Unis, qui demandent des concessions de plus en plus importantes et cherchent à affaiblir l’Europe».
La seule parade : «plus de coopération pour construire de nouvelles approches et une souveraineté stratégique et économique plus forte, notamment en Europe (…) La France et l’Europe sont attachées à la souveraineté nationale et à l’indépendance, et aux Nations unies et à leur charte (…) L’Europe doit défendre le multilatéralisme, qui sert nos intérêts et les intérêts de tous ceux qui refusent de se soumettre à la force brute», a répété Macron.
Certes l’Europe a sa part de «problèmes majeurs» à résoudre, dont la croissance molle, mais elle reste «un endroit où l’Etat de droit et la prévisibilité sont toujours la norme». Même si l’Europe est «parfois trop lente et ait certainement besoin d’être réformée», elle demeure «un endroit prévisible, loyal, où l’Etat de droit reste la règle du jeu, est un bon endroit pour aujourd’hui et pour demain», ajouté le président français.
Trump débarque demain à Davos avec sa dégaine de rockstar, flanqué d’une armée de faucons dit-on. Il faut s’attendre à des étincelles et des pics vengeurs en direction de l’Europe et de son chef de file néogaulliste, Macron.
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