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Malgré la détresse des hôpitaux, 700 mille dinars pour la rénovation d’une mosquée…

Malgré la détresse des hôpitaux, 700 mille dinars pour la rénovation d’une mosquée…

Nul doute, le secteur de la santé manque, ces derniers temps, de tout. Ceci touche des besoins vitaux allant du manque de lits, d’appareils de réanimation et de personnel soignant dans les hôpitaux en ce pic de Covid-19, allant au délabrement du service public hospitalier en général.

A la crise du secteur vital de la santé, s’ajoute la détresse financière de la population à cause des décisions désastreuses du couvre-feu et de l’interdiction des déplacements entre gouvernorats.

La première réaction qui se fait en temps de crise est normalement le changement des priorités pour concentrer les efforts humains et matériels sur l’allégement de ses répercussions. Mais cette réaction n’est pas valable pour certains « responsables » en Tunisie qui gèrent les affaires publiques comme si aucune crise sanitaire ni socio-économique ne secouait la Tunisie et font tout pour reléguer la question de la santé publique au dernier plan.

La gestion rocambolesque et opaque du fonds de lutte contre la Covid-19 dénommé « 1818 » est une illustration parfaite de la nonchalance, du laxisme et de l’incompétence de la gouvernance de la santé publique.

Vendredi 20 novembre 2020, le ministre des affaires religieuses, Ahmed Adhoum a annoncé, que la restauration de la mosquée de la Kasbah commencera dans les prochains mois. Selon ses dires, le ministère avait déjà alloué les fonds nécessaires et un budget de 700 mille dinars a été fixé pour lancer les travaux. La mosquée d’El Kasbah est fermée depuis des années.

Dans un contexte de tensions extrêmes dans les régions à cause du délabrement ou l’inexistence de l’infrastructure hospitalière et malgré des sit-in et plusieurs protestations revendiquant des moyens et du personnel soignant, voire même un simple médecin de garde parfois, cette déclaration montre l’absence de coordination au sein du gouvernement quant aux priorités et besoins urgents pour amortir l’impact de la crise.

Rappelons que récemment un médecin de Kebili a déboursé 180 mille dinars pour l’acquisition de respirateurs au service Covid-19 de l’hôpital régional. N’es -t-il pas plus adéquat de consacrer, en urgence, les 700 mille dinars alloués à la restauration de la mosquée à l’achat de quelques équipements qui sauveront certainement des centaines de vies ? Quant à la mosquée de la Kasbah, malgré sa valeur historique incontestable, on peut estimer qu’il n’y a pas urgence, vu que sa rénovation peut attendre quelques mois de plus et que la mosquée la plus proche est à moins de 100 mètres.

Notons aussi que plusieurs monuments historiques importants attendent leurs rénovations depuis des années.

A titre indicatif, une unité moderne de réanimation coûte 80 mille dinars en moyenne, l’unité Covid-19 au service des urgences de l‘hôpital régional Sadok Mokaddem à Djerba aménagée sur une superficie de 335 m2 répartie en huit salles consacrées à l’examen et le traitement des patients contaminés ou suspectés d’avoir contracté le virus est estimée à 1,5 MD dont 600 mille dinars accordés par l’Association « Djerba pour le développement durable ».

Un simple calcul montre que le fonds alloué à la Mosquée de la Kasbah pourrait aménager une unité Covid-19 acceptable dans une délégation sinistrée par l’épidémie et Dieu sait qu’elles sont nombreuses.

Rappelons que le budget du ministère des Affaires religieuses est estimé à 164 millions de dinars, pour l’année 2021 contre 149 millions de dinars en 2020 dont environ 80% réservés aux salaires de quelques 21 mille « cadres religieux officiels » dont l’effectif a évolué de 26% rien qu’au cours des cinq dernières années.

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