Economie

Manifestation et droit de grève

La Tunisie est en train de vivre une mutation totale et les institutions ne sont pas aptes à donner des informations acceptables par l'ensemble des composantes de la société. Il semble donc nécessaire de rappeler certains fondamentaux qui permettront de mieux comprendre les grèves et manifestations à répétition. Après 23 ans de dictature, les Tunisiens ressentent le besoin légitime de s'exprimer. Le droit de grève est un élément fondamental en démocratie et personne ne peut revenir sur ce point. Cependant, une grève doit s'organiser pour que les revendications soient entendues. De plus, tout comme les manifestations, elles doivent être prévues à l'avance (au moins 48 heures) afin de permettre aux entreprises/organismes de prévoir la réception des délégués tant des manifestants que des grévistes. Une grève est-elle toujours nécessaire pour modifier une situation ? Si nous prenons en compte les pays occidentaux, nous pouvons constater que certains se mettent en grève dès qu'un problème surgit, comme la France. D'autres pays, comme les pays germaniques, utilisent la grève en dernier ressort une fois que les négociations n'ont pas abouti. Dans les deux cas, il existe des structures syndicales ou représentatives des ouvriers et salariés des entreprises/administrations. Ces structures ont des réunions régulières avec le patronat public ou privé. Où se situe la Tunisie ? Les manifestants et les grévistes tunisiens expriment des situations que chacun connaît et vit et qui sont la base de notre révolution : un mal de vivre enfoui au plus profond de nous. Oui, les richesses de la Tunisie ont été pillées mais, pour le moment, elles ne sont pas revenues à l'Etat tunisien. Quelles réponses peuvent donc obtenir les grévistes ? La Tunisie, les Tunisiens ont besoin de s'organiser. Le mouvement populaire fut un soulèvement sans chef et sans objectif autre que de faire partir le clan au pouvoir. Il s'est, cependant, fait dans la dignité et l'honneur. Ce sont ces deux éléments qu'il faut à présent retenir pour permettre aux manifestations et aux grèves d'aboutir. Il ne sert à rien de crier contre un système qui est seulement en cours de mutation. Il faut laisser les nouveaux responsables prendrent la mesure des réalités qui s'offrent à eux et, en particulier, dans les administrations et les entreprises publiques. Manifester ou faire grève ne pourra qu'aggraver une situation déjà précaire. Soyons dignes et tentons d'aider, ensemble, la Tunisie à se construire. La Révolution, c'est maintenant !

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