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Maroc : Akhannouch ne fera pas le mandat de trop, il s’efface et organise sa succession

Maroc : Akhannouch ne fera pas le mandat de trop, il s’efface et organise sa succession

    Cela devait finir par arriver. Il y a une fin à tout et sans doute le chef du gouvernement marocain, Aziz Akhannouch, ne voulait pas faire le mandat de trop. Il a convoqué les membres et sympathisants de son mouvement, le Rassemblement National des Indépendants (RNI), pour un congrès extraordinaire. Rendez-vous le 7 février prochain à El Jadida pour élire une nouvelle direction. Après deux mandats à la tête de la formation majoritaire Akhannouch a décidé de s’éclipser…

    Il a peut-être jugé qu’il a fait tout ce qu’il pouvait pour le royaume et qu’il est plus sage de tirer sa révérence, de laisser la place à un autre dirigeant plus inspiré pour les prochaines réformes, avant une autre tempête sociale. Le «Parti de la Colombe» devra se trouver un nouveau Secrétaire général, qui sera sans doute le futur chef du gouvernement vu le poids politique du RNI au sein de la coalition au pouvoir.

    Les candidatures sont ouvertes du 12 au 28 janvier 2026. Akhannouch a confirmé sa volonté de «passer le flambeau» et il entend organiser sa succession pour éviter à la majorité des luttes fratricides. Aucune figure charismatique ne se dégageant il faudra sans doute passer par la case élection – et non acclamation – pour désigner un autre leader…

    A noter que le règlement intérieur du RNI mentionne deux mandats d’affilée à la présidence du mouvement, donc le chef du gouvernement a préféré s’y plier au lieu de se livrer aux tripatouillages pathétiques dont les pays africains sont coutumiers. Donc clairement ce geste l’honore et honore le continent. Cette retraite politique se fait à la veille des élections législatives de septembre 2026. Akhannouch s’en tiendra donc à un seul mandat de 5 ans.

    Pour éviter tout flottement dans le pilotage des affaires de l’État, le Bureau politique a donné des gages sur la continuité et la cohésion de l’exécutif. L’organe dirigeant a martelé son «soutien constant» au chef du gouvernement et magnifié la bonne santé de la majorité.

    Les cadres du RNI sont décidés à éviter au travail gouvernemental des tiraillements partisans, l’équipe à la tête du pays s’évertue à «respecter ses engagements contractuels» et à conduire à bon port les grands projets structurants, jusqu’au dernier jour du mandat constitutionnel. N’empêche l’après-Akhannouch sera un virage difficile à négocier, pour son parti mais également pour le royaume.

    Quant au « Roi du pétrole » il ne chômera pas après sa retraite politique, avec les soubresauts que prépare la conjoncture internationale après le grand basculement au Venezuela et ailleurs. Le bilan du chef du gouvernement marocain est encore prématuré mais on dira certainement de lui qu’il a signé des succès indéniables en matière d’infrastructures (trains à grande vitesse, tourisme, aéroports, etc.), mais qu’il y a aussi des ratés, principalement la paupérisation des populations.

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