Le Sahara occidental, on le sait, est le centre de gravité de la diplomatie marocaine et a une place centrale dans les discours à la nation du souverain Mohammed VI. C’est aussi ce qui fait de ce sujet un des points de friction entre le royaume et l’Algérie, cette dernière étant le premier soutien des indépendantistes sahraouis. L’eurodéputée de la France insoumise (LFI) Rima Hassan s’est invitée dans cet épineux débat. Elle a évoqué l’impact de ce conflit dans les rapports entre l’Algérie et le Maroc. Elle ne s’est pas arrêtée là, la députée européenne d’origine palestinienne, connue pour son opposition frontale à Israël, a accusé l’Etat hébreu d’alimenter la discorde entre Rabat et Alger.
L’élue LFI a d’abord relaté, sur Instagram, la genèse du conflit sahraoui. «Je sais que la question du Sahara occidental est au cœur des tensions entre l’Algérie et le Maroc, elle a des répercussions dramatiques entre les deux peuples et nous sommes tous témoins sur les réseaux sociaux (insultes, menaces, ressentiment, voire même détestation)», écrit-elle.
«En 1975, l’ONU a demandé à la Cour internationale de Justice (CIJ) de trancher la question : La CIJ reconnaît qu’il existait des liens juridiques d’allégeance entre certaines tribus sahraouies et le Sultan du Maroc, et aussi avec la Mauritanie, mais pour la CIJ, ces liens ne constituaient pas une souveraineté territoriale exclusive. Le Sahara occidental n’était pas terra nullius (« terre sans maître ») en 1884, mais il ne faisait pas partie d’un État souverain reconnu», rappelle la juriste.
Clairement elle balaie l’argumentaire selon le Sahara occidental appartient historiquement au Maroc. Certes elle peut «comprendre les revendications nationalistes» marocaines, mais elle «ne peut pas exclure le fait qu’il y a une population (majoritaire ou non, on ne peut pas le savoir sans référendum) qui revendique des droits et des spécificités appuyant la quête d’indépendance»…
Rima Hassan milite pour des «négociations» avec les Sahraouis pour sortir rapidement par le haut du plus vieux contentieux de décolonisation en Afrique.
Après ça elle pointe la main d’Israël derrière la montée de fièvre entre le Maroc et l’Algérie. «J’ai pleinement conscience que la présence d’Israël en Afrique du Nord aggrave très fortement les tensions entre Algériens et Marocains. Des réseaux pro-israéliens utilisent régulièrement cette question du nationalisme marocain pour diviser les Algériens et les Marocains, y compris sur la Palestine», assène la députée européenne.
Elle étaye son propos par les investigations de l’organisation Eakad, spécialisée dans la veille numérique ; elle a «mis en lumière un vaste réseau de plus de 2.200 comptes falsifiés se faisant passer pour des Marocains, mais diffusant des messages pro-Israël et opposés à la résistance palestinienne»…
Des révélations corroborées par la stratégie du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu ; il se sert du Sahara occidental et exerce un chantage à peine déguisé pour s’assurer que Rabat sera toujours aux côtés de Tel-Aviv dans ses actions indéfendables à Gaza et en Cisjordanie. Une alliance très inconfortable que les autorités marocaines payent cher auprès de leur opinion publique.
Rima Hassan n’en oublie pas pour autant les crimes des Occidentaux dans ce dossier, elle les accuse d’avoir «joué un jeu plus que malsain de la colonisation à nos jours dans cette région à des fins d’exploitation et de division des territoires autant que des peuples qui sont à l’origine des peuples frères».
Que se passe-t-il en Tunisie?
Nous expliquons sur notre chaîne YouTube . Abonnez-vous!
