A la une

Maroc-Cameroun : Un arbitre algérien éliminé in extremis, Rabat ternit sa fête et le football africain

Maroc-Cameroun : Un arbitre algérien éliminé in extremis, Rabat ternit sa fête et le football africain

    Le football reprend ses droits ce vendredi 9 janvier avec les deux premiers quarts de finale de la Coupe d’Afrique des nations (CAN) 2025. D’abord le match entre le Sénégal et le Mali, à 17h00 au Grand stade de Tanger. Mais c’est surtout la deuxième rencontre, entre le Maroc et le Cameroun à 20h00 à Rabat, qui cristallise l’attention, pour deux raisons : Le royaume est le grand favori pour le trophée d’après Opta, ensuite il y a une polémique aux relents politiques après la décision de la Confédération Africaine de Football (CAF) d’écarter in extremis un arbitre algérien.

    Le Maroc court tellement le trophée (depuis 1976, son unique victoire) qu’il se laisse aller aux mêmes méthodes cavalières qu’il utilise en matière de diplomatie et de business : un lobbying sans limites (avec parfois des revers cuisants). Au départ c’est l’Egyptien Amin Mohamed Omar qui avait été désigné comme arbitre principal et l’Algérien Mustapha Ghorbal pour piloter la VAR. Patatras : l’instance qui dirige le football africain annule sa décision la veille du match suite aux protestations véhémentes de Rabat…

    Vous devinerez aisément la raison de tout ce ramdam : l’éternel soupçon selon lequel un arbitre égyptien ne serait pas objectif, et c’est pire pour un arbitre algérien en raison du conflit entre Rabat et Alger. On en est encore là, hélas.

    Le président de la Fédération royale marocaine de football (FRMF), Fouzi Lekjaa, a opposé son veto à un arbitrage algérien, même derrière la VAR, la CAF a cédé. C’est le Mauritanien Dahane Beida qui dirigera la rencontre. Si le Cameroun était dans le même état d’esprit que M. Lekjaa il se serait opposé en mettant en avant les liens très spéciaux entre Nouakchott et Rabat. On peut aller très loin avec des présomptions de favoritisme, avec le soupçon du copinage. Le seul perdant est la beauté du sport.

    À l’arrivée la CAF a écarté l’Algérien Ghorbal de la VAR et l’a confiée au Ghanéen Daniel Laryea. Pire : d’après l’écrivain Romain Molina ce changement de dernière minute s’est fait sur injonction de la Fédération marocaine sans que la Fédération camerounaise de football (Fécafoot) ne soit informée…

    Jusqu’ici son président, l’ancienne star du FC Barcelone Samuel Etoo, n’a pas dit un mot. Mais on peut compter sur lui pour faire beaucoup de bruit en cas de scandale. Un scandale du même type que lors de la 8e de finale entre le Maroc et la Tanzanie. Personne n’a pas pu passer à côté du coup de main de l’arbitrage, avec le penalty qui a été zappé dans les dernières minutes et qui aurait pu coûter très cher à l’équipe de Walid Regragui.

    Le football africain n’est pas guéri de ses démons, comme du temps de feu Issa Hayatou ; les déraillements continuent d’émailler les joutes sportives et le soupçon plane en permanence, sur tout et tout le monde, à juste titre d’ailleurs…

    Quant aux bisbilles entre le Maroc et à l’Algérie, les comptes continuent d’être réglés sur le terrain et en dehors. On l’a vu lors de la CAN 2024 et lors de la demi-finale de la Coupe de la CAF, la même année ; la RS Berkane avait joué sur le sol algérien avec un maillot sur lequel était dessinée une carte du royaume englobant le Sahara occidental. Une provocation suprême aux yeux des autorités algériennes, premier soutien des indépendantistes sahraouis. Et la CAF, encore elle, avait donné raison à Rabat…

    De là à dire que l’instance africaine est noyautée par l’agenda marocain il n’y a qu’un pas, en plus des autres problèmes qui gangrènent le football africain : corruption endémique, malversations, mauvaise gestion, détournements de fonds.

     

    Commentaires

    Que se passe-t-il en Tunisie?
    Nous expliquons sur notre chaîne YouTube . Abonnez-vous!

    Top 48h

    ABONNEZ-VOUS À NOTRE NEWSLETTER

    To Top