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Maroc : Les «Omra de luxe» c’est fini, ce que cachait la « ferveur religieuse » du Ramadan…

    La fête est finie pour ceux qui s’adonnaient à toutes sortes d’incartades au nom de la religion. Les  «Omra de luxe» c’est terminé au Maroc. En tout cas il y en aura beaucoup moins vu que la Direction Générale des Impôts (DGI) et l’Office des Changes auront l’oeil sur les mouvements vers les Lieux saints de la Mecque, en Arabie saoudite. L’information a été rapportée par le journal Hespress, qui tient ça de sources sûres.

    La décision a été prise suite à des rapports évoquant des dépenses suspectes en rapport avec des services VIP (hébergement, transport, restauration), dont les factures excèdent largement les seuils autorisés. Dans le viseur des hommes d’affaires, des entrepreneurs et des promoteurs immobiliers.

    Les mêmes sources déclarent qu’il y a une intensification des échanges de données entre les contrôleurs fiscaux et ceux de l’Office des Changes. Les autorités ont décidé de passer à la loupe la situation fiscale des pèlerins « bling-bling », l’idée est de corréler leurs identités avec les Identifiants Communs de l’Entreprise (ICE) de leurs entreprises…

    Avec ce procédé, sur la base du Code Général des Impôts, les pouvoirs publics peuvent suivre à la trace la masse d’argent grillée durant leur séjour à la Mecque, notamment lors de la Omra du mois saint de Ramadan. Les enquêtes ciblent essentiellement les dépenses des gros patrons et promoteurs immobiliers, majoritairement casablancais, qui remplissent les avions ces dernières années. Toute cette ferveur est-elle strictement religieuse ? Il est permis d’en douter.

    Les autorités fouillent également du côté des responsables d’agences de voyages, qui auraient organisé la fuite de capitaux en échange de commissions, aidés en cela par un réseau très touffu en Arabie saoudite. Ces présomptions sont nourries par l’identification, lors de précédents voyages, de dépenses dépassant le plafond légal des transferts, sans parler du décalage avec la situation financière des bénéficiaires.

    D’après les informations collectées par le journal, ces virées fastueuses sont devenues des rendez-vous d’affaires. Ces pèlerins très spéciaux en profiteraient pour résoudre des contentieux financiers ou judiciaires grâce aux intermédiaires sur place. Mieux encore, ils mettraient à profit ces voyages pour se soustraire à leurs créanciers, le temps d’aller ramasser des sous à l’étranger pour relancer leurs business.

    Rappelons que la Circulaire Générale des Opérations de Change pour 2026, appliquée depuis janvier dernier, a revu à la hausse le seuil de la dotation pour voyages personnels. Le montant de base est passé de 400 000 à 500 000 dirhams, avec possibilité d’obtenir une majoration équivalente à 30% de l’impôt sur le revenu payé.

    En dépit de ce coup de pouce les billets en «Business Class» et les factures d’hôtels 7 étoiles ont explosé, alimentant les soupçons des contrôleurs sur la véracité des informations fournies lors des transferts de fonds. Les présumés coupables, dont la plupart sont déjà épinglés pour fraude fiscale, chargent leurs barques. Aux redressements judiciaires et saisies s’ajouteront d’autres déboires.

    Il sera difficile pour certains de nier les faits car les limiers disposent de données provenant de précédents contrôles où des pèlerins essayaient d’expliquer leurs dépenses folles par des crédits contractés auprès de proches résidant sur place. Des justifications balayées par les services de contrôle, qui ont mis ces « pèlerins » devant l’ampleur de leurs achats : montres de luxe, bijoux en or, parfums hors de prix et vêtements de haute couture.

     

     

     

     

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