Politique

Même mort, Bourguiba détient encore, et toujours, les clés du pouvoir en Tunisie

Même mort et enterré depuis déjà des années, le Grand Habib Bourguiba n’en cesse pas moins de veiller sur le pays qu’il a arraché au colonisateur et qu’il a reconstruit avec ses compagnons pierre par pierre, pan par pan, le faisant intégrer le cercle des pays reconnus et respectés.

Aujourd’hui, encore, rien ne se fait, et rien ne se décide sans « la bénédiction » du « Zaïm ». Aujourd’hui, plus de six ans après la soi-disant, Révolution du Jasmin, les pseudo-politiciens qui ont trouvé la voie libre pour envahir la scène politique et l’espace public des tunisiens, se sont rendu compte qu’ils ne pourront jamais, au grand jamais, égaler le Grand Bourguiba, ni le faire oublier dans la mémoire de ceux qu’il appelait affectueusement, ses enfants.

Aussi, maintenant, la bagarre politique se mène, essentiellement, entre ceux qui prônent le projet de Bourguiba, et ceux qui ne peuvent pas le prétendre. La bagarre se situe autour du projet de Bourguiba pour une Tunisie moderne, ouverte, accueillante et conciliante. Il y a ceux qui ont compris que tout l’intérêt était de s’approprier ce projet et d’en faire sien, ou, du moins, de s’auto déclarer gardien du temple Bourguiba, et il y a, en face, ceux qui ne peuvent en aucun prétendre cela, et qui s’acharnent, de façon plus aigue et plus hargneuse, depuis quelques semaines, à ternir l’image, et l’histoire, du Zaïm chez les tunisiens, dans une vaine tentative de démontrer qu’il n’était pas aussi bon et patriotique que ne le croyaient les gens.

Ainsi, ce que l’on voit de nos jours, ce sont des gens malades et complexés de la grandeur de Bourguiba qui organisent des simulacres de séances, plus futiles qu’onéreuses et ennuyantes, pour démontrer que Bourguiba n’était pas le patriote qu’on croyait, et qui prétendent vouloir réécrire l’histoire du pays, pour tenter d’en effacer la mémoire de Bourguiba et ses compagnons, et mettre à leur place les nullards de serviteurs, et de pions, d’ambassades étrangères qu’ils sont. D’autres essaient de souiller sa mémoire en en faisant l’ennemi de l’Islam, et reprennent, ces derniers jours, comme par miracle, le film à la mise en scène médiocre des « Allahh Akbar » dans les discothèques, comme ils ont fait pour le film « Persépolis », il y a de çà six ans, et qu’ils ont réussi à faire croire à certains simples d’esprit que l’Islam était, réellement, en péril, dans la Tunisie laïque.

Quoique, parmi ces islamistes à l’esprit médiéval, il y en a qui ont l’esprit assez machiavélique pour comprendre qu’il allait falloir faire semblant et composer avec l’image de ce Bourguiba qu’ils n’arrivent pas à déloger de l’esprit et de la tête de ses concitoyens, et qui tentent dans cet objectif, le périlleux pèlerinage à Monastir, pour assister à la commémoration de son décès. Et pour se prémunir contre la colère des fidèles de Bourguiba, ils ont eu la fine idée de se protéger dans le cortège d’un des fils du Zaïm, et actuel président de la république, pour échapper à la vindicte des fils de Bourguiba à cause de ce qu’ils avaient débité comme calomnies à son propos.

Car il faudrait savoir qu’avec les échéances électorales qui approchent à grandes enjambées, il allait falloir faire oublier aux électeurs l’animosité qu’ils ont pour Bourguiba, et leur faire croire qu’ils sont en adoration pour lui, histoire de se procurer un petit coin dans leur cœur.

En face de tous ceux-ci, il y a toute l’armada qui se prétend l’héritier du projet Bourguiba. Mais comme les places se font de plus en plus rares, surtout au sommet de la hiérarchie de l’Etat, il va falloir, pour eux s’entredéchirer pour être, non pas « un » héritier du Bourguibisme, mais bien « Le » seul et unique héritier. D’où les bagarres aux quelles les tunisiens en ont marre d’assister à tous les tournants de rue.

Et même au niveau de cette armada, il est simple de repérer ceux qui se voient, réellement, dans l’esprit de Bourguiba, et ceux qui font semblant. Ceux qui, il y a quelques années, voire quelques mois, étaient fiers de se présenter comme état de la gauche tunisienne. La gauche qui a, toujours eu des escarmouches avec le régime de Bourguiba, et qui ne peuvent, en toute logique, pas prétendre avoir tourné la page. Et on comprend bien qu’ils le prétendent, uniquement parce qu’ils sont convaincus qu’il n’y a que le projet de Bourguiba qui soit porteur pour ce pays, et qu’il représente la seule issue de secours du pays, et la seule arme pour contrer les forces des ténèbres qui guettent, derrière leur hideux masque de gentil bonhomme repenti.

Sacré Bourguiba ! Finalement, plus fort mort que vivant, et définitivement le père de la Nation ! N’en déplaise aux adeptes des confréries de tous bords.

Vive la Tunisie… Vive la Révolution !!

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