Le ministre des Affaires religieuses, Ahmed Bouhali, a affirmé que la réforme et le développement du discours religieux s’inscrivent dans le cadre d’un plan de travail structuré, visant à promouvoir les valeurs de tolérance et à accompagner les évolutions de la société tunisienne.
Un plan de travail pour encadrer le discours religieux
Intervenant mardi lors d’une séance plénière au Parlement consacrée à la mission des Affaires religieuses, Ahmed Bouhali a précisé que le développement du discours religieux repose sur plusieurs outils complémentaires.
Ce plan comprend notamment :
un « méditant de charte d’honneur de l’imam prédicateur » ,un guide pratique de l’imam,un document de référence pour les prêches, ainsi que des correspondances périodiques adressées aux imams et aux structures concernées.
Selon le ministre, ces instruments ont pour objectif de renforcer un cadre clair pour l’exercice de la prédication, tout en consolidant un discours religieux fondé sur la modération, la coexistence et le respect des valeurs civiques.
Liberté du prêche et promotion d’un islam modéré
Ahmed Bouhali a insisté sur le fait que son département œuvre à la diffusion d’un « discours religieux modéré ». Il a souligné que l’imam prédicateur « demeure libre dans le choix du sujet de la khotba », tout en précisant que le ministère se permet, à certaines occasions, de les orienter vers des thématiques liées au comportement civique et aux bonnes mœurs.
Ces orientations portent, entre autres, sur le respect de la loi, le vivre-ensemble, la lutte contre les comportements antisociaux et la promotion des valeurs de solidarité et de responsabilité au sein de la société.
Le ministre a également indiqué que le ministère est pleinement impliqué dans les différentes commissions nationales liées à la sensibilisation religieuse. Il a mentionné, à ce titre, la production de capsules et de spots de sensibilisation diffusés sur le site officiel du ministère des Affaires religieuses.
Des critiques sur la lenteur de la réforme du discours religieux
Certains élus ont pointé du doigt ce qu’ils considèrent comme une faiblesse dans l’encadrement des prêches et dans la réponse aux défis actuels.
Dans ce contexte, des voix ont appelé à une vision plus offensive et plus structurée pour adapter le discours religieux aux problématiques contemporaines, notamment celles touchant les jeunes, la famille et la cohésion sociale.
Appel à unifier la « khotba » du vendredi autour des fléaux sociaux
Le vice-président de la commission des finances au Conseil national des régions et des districts, Osama Sahnoun, a demandé au ministère des Affaires religieuses d’aller plus loin en unifiant la « khotba » du vendredi dans toutes les mosquées du pays.
Il a appelé à consacrer des prêches spécifiques à plusieurs phénomènes jugés préoccupants, dont :
les paris électroniques et les jeux de hasard, la consommation et le trafic de drogues,
la désintégration familiale et la rupture des liens de parenté, les atteintes aux droits successoraux (accaparement des héritages),le service national, ainsi que la valeur du travail et de l’effort.
Osama Sahnoun a, en outre, estimé que le ministère des Affaires religieuses porte une responsabilité centrale dans l’unification du discours et de l’orientation religieuse, afin de contribuer à la réalisation des objectifs supérieurs de la religion, notamment la protection de l’honneur, de la vie, des biens et de la liberté.
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