Mohamed Ghannouchi: « La Tunisie a réussi à éviter des scénarios similaires à ceux vécus par d’autres révolutions arabes »

L’ancien premier ministre, Mohamed Ghannouchi a affirmé que la Tunisie a réussi à éviter des scénarios similaires à ceux vécues par d’autres révolutions arabes et à déjouer un plan dressé par certaines parties pour permettre le retour du président déchu en Tunisie après la stabilisation de la situation.

Evoquant les évènements de la journée du 14 janvier 2011 au palais de Carthage, devant la commission des martyrs et des blessés de la révolution et d’Amnistie générale a qui l’a auditionné, mercredi 28 mars 2012, M. Mohamed Ghannouchi a souligné que d’autres détails de ces évènements n’ont pas été encore révélés à ce jour.

L’audition portait sur les circonstances  de la fuite de l’ex-président Ben Ali à l’étranger, le recours à l’article 56 de l’ancienne constitution et par la suite de l’article 57 et les circonstances qui ont entouré la publication du décret-loi d’amnistie générale ainsi que d’autres questions en rapport avec la période durant laquelle M. Ghannouchi a présidé le gouvernement avant et après le 14 janvier.

L’article 56 pour dépasser la confusion et empêcher le retour du président déchu

M. Ghannouchi a soutenu être à l’origine de l’appel, le 14 janvier 2011, pour la réunion du conseil constitutionnel afin d’assurer le transfert des pouvoirs et dépasser la confusion suite à l’adoption de l’article 56 de la constitution. Il s’agissait par conséquent, a-t-il estimé, d’empêcher le retour du président déchu en Tunisie, chose qu’il a suspectée suite à un entretien téléphonique avec Ben Ali après sa fuite du pays.

Il a estimé que la courte période passée à la tête du gouvernement après le 14 janvier, avait été une étape importante dans la transition démocratique en Tunisie, citant les décrets-lois qui ont été adoptés et la préservation de l’Etat.

L’ancien premier ministre a soutenu que la principale raison de sa démission de son poste le 27 février 2011 n’était pas la fuite devant ses responsabilités, mais parce qu’il était convaincu qu’il ne pouvait plus les assumer. ”J’étais incapable de suivre les évènements dans le pays… les évènements sécuritaires et autres… alors j’ai décidé de démissionner”, a-t-il dit.

Concernant les circonstances de la publication, le 18 février 2011, de la loi d’amnistie générale, M. Ghannouchi a indiqué que le texte a été fondé sur la loi d’amnistie générale adoptée en 1988. Il a reconnu qu’il existe dans ce texte des défaillances qui n’ont pu être relevées qu’après sa publication. Ces défaillances, a-t-il précisé, s’expliquent par un attachement du gouvernement de transition de l’époque à s’assurer d’une réconciliation nationale et à rassembler les Tunisiens autour d’un seul objectif à savoir sortir le pays de la situation dans laquelle il s’est enlisé.

Pour ce qui est des indemnisations prévues au profit des familles des martyrs et des blessés de la révolution par le décret-loi n°1 en date de 2011, l’ancien premier ministre a indiqué avoir proposé une enveloppe de 30 mille dinars qui est réduite à 20 mille dinars par la suite. Il a aussi indiqué avoir proposé de donner 3 mille dinars comme avance aux blessés de la révolution. Il a reconnu la responsabilité de l’ancien gouvernement du fait que les blessés de la révolution et les cas graves n’ont pas pu bénéficier de soins à l’étranger.

Dans son témoignage, M. Ghannouchi a évoqué les violences qui ont accompagnées la levée du sit-in Kasbah I par les forces de l’ordre. ”Cette décision n’était pas conforme à mes instructions qui interdisaient aux forces de l’ordre tout usage de violences”, a-t-il dit.

Pas de d’informations sur les snipers

Sur un autre plan, l’ancien premier ministre a affirmé qu’il n’était pas informé de l’existence des snipers, indiquant que les informations qu’il détenait à ce sujet se limitaient aux déclarations du président de la commission d’investigation, Taoufik Bouderbala qui avait affirmé qu’il s’agissait d’agents de l’ordre postés sur les toits des locaux sécuritaires pour les protéger des agressions.

M. Ghannouchi a reconnu la réussite du gouvernement de Beji Caid Essebsi dans la conduite du pays vers l’organisation des premières élections démocratiques et transparentes de l’histoire de la Tunisie. Il a soutenu qu’une part de cette réussite est l’oeuvre de son propre gouvernement qui a préparé la plate-forme adéquate pour le gouvernement qui a suivi pour conduite du pays.

Source: TAP

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