L’administration du président américain Donald Trump étudie la possibilité d’augmenter son arsenal nucléaire et de reprendre des essais nucléaires souterrains, à la suite de l’expiration du traité New START, dernier accord de limitation des armements nucléaires entre Washington et Moscou.
Selon des déclarations de responsables américains relayées par le New York Times, la Maison-Blanche examine activement plusieurs scénarios visant à renforcer les capacités stratégiques du pays, notamment par la remise en service d’armes stockées et l’élargissement des forces existantes. Donald Trump aurait également demandé à ses conseillers de préparer une reprise des tests nucléaires.
Washington refuse de prolonger le traité
Les États-Unis ont décliné une proposition russe visant à prolonger l’accord de 15 ans, le temps de négocier un nouveau cadre. Le jour même de l’expiration du traité, le département d’État a dépêché à Genève son sous-secrétaire chargé du contrôle des armements et de la sécurité internationale, Thomas G. Di Nanno, pour intervenir lors de la Conférence du désarmement.
Dans son discours, le responsable a critiqué New START, estimant que l’accord imposait « des contraintes unilatérales inacceptables » aux États-Unis. Il a également souligné que le traité ne couvrait pas de nouvelles catégories d’armes nucléaires développées par la Russie et la Chine.
Pékin dans le viseur de Washington
Selon Di Nanno, tout futur traité devra inclure des restrictions visant la Chine, qu’il a décrite comme « la puissance nucléaire à la croissance la plus rapide au monde ». Il a affirmé que les États-Unis étaient désormais libres de « renforcer leur dissuasion au bénéfice du peuple américain » et qu’ils poursuivraient leurs programmes de modernisation nucléaire.
Ces programmes représentent des investissements de plusieurs centaines de milliards de dollars, destinés notamment à de nouveaux silos, sous-marins et bombardiers stratégiques. Washington disposerait par ailleurs de capacités nucléaires non déployées susceptibles d’être activées si le président en donnait l’ordre.
Expansion des capacités et options militaires
Parmi les options évoquées figurent l’extension des forces actuelles ainsi que le développement et le déploiement d’armes nucléaires de portée intermédiaire, similaires à celles que la Russie aurait largement mises en service.
La marine américaine envisage également de réactiver certains lanceurs de missiles nucléaires à bord de sous-marins de classe Ohio, auparavant désactivés pour respecter les engagements du traité.
Accusations contre la Russie et la Chine
Le responsable américain a aussi fait référence aux déclarations de Donald Trump sur une reprise des essais nucléaires « à parité » avec la Russie et la Chine. L’administration estime que ces deux pays auraient déjà mené des tests, affirmant notamment que la Chine aurait tenté de dissimuler une explosion nucléaire le 22 juin 2020 en utilisant une technique dite de « découplage des ondes de choc », destinée à limiter les effets sismiques.
Aucune conséquence précise n’a toutefois été détaillée, mais la répétition de la notion de « parité » laisse entrevoir une possible évolution de la posture américaine.
Vers une nouvelle course aux armements ?
Les déclarations de l’administration restent pour l’heure peu précises : ni le nombre d’armes susceptibles d’être déployées ni la nature des essais envisagés n’ont été clarifiés. Ces éléments seront déterminants pour évaluer si les grandes puissances nucléaires se dirigent vers une nouvelle course aux armements ou si Washington cherche avant tout à faire pression pour négussia и la Chine afin de conclure un nouvel accord stratégique.
Dans un contexte international déjà tendu, la fin de New START pourrait ainsi marquer un tournant majeur pour l’équilibre nucléaire mondial.
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