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Numérisation, interopérabilité, cybersécurité : les annonces clés au Parlement, 192 projets suivis

    La Commission de l’organisation de l’administration, de son développement, de la numérisation, de la gouvernance et de la lutte contre la corruption a tenu, le vendredi 27 février 2026, une séance consacrée à l’audition du ministre des Technologies de la communication. Les échanges ont porté sur les projets de transformation numérique et d’interopérabilité, présentés comme l’un des axes majeurs du programme économique et social de l’État.

    L’objectif affiché : lutter contre la corruption, garantir la transparence des transactions administratives, simplifier les procédures et rapprocher les services du citoyen dans toutes les régions du pays.

    Une séance présidée par Sami Raïes en présence de plusieurs députés

    La réunion s’est déroulée en présence de Sami Raïes, président de la commission, de Mourad El Khazami, vice-président, et d’Imed Eddine Sdeiri, rapporteur. Ont également participé Faten Ennasibi et Saber El Masmoudi, membres de la commission, ainsi qu’un nombre important de députés non membres.

    Le président de l’Assemblée des représentants du peuple, le doyen Ibrahim Bouderbala, a suivi une partie de la séance. Il a salué les programmes et projets présentés par le ministre, tout en appelant à accélérer leur mise en œuvre sur le terrain et à mieux les faire connaître auprès des citoyens afin de renforcer leur adhésion et d’améliorer, de manière directe, la qualité des services rendus.

    La numérisation au cœur du plan de développement 2026-2030

    En ouverture, le ministre a exposé le cadre stratégique et les orientations nationales de la transformation numérique, qu’il a qualifiée d’axe central du plan de développement 2026-2030. Il a indiqué que l’État vise un changement qualitatif des services publics à travers une approche globale fondée sur la numérisation, dans le but de rétablir la relation de confiance entre le citoyen et les institutions.

    Selon lui, la numérisation n’est plus un simple choix technique, mais une nécessité stratégique pour consacrer la transparence et combattre toutes les formes de corruption, tout en contribuant à l’amélioration du climat des affaires, à l’attraction des investissements et au renforcement des opportunités d’emploi pour les jeunes.

    192 projets suivis, avec 52% d’avancement en moyenne

    Le ministre a détaillé les principaux programmes en cours et ceux programmés pour 2026. Il a précisé que 192 projets font actuellement l’objet d’un suivi, avec un taux d’avancement moyen de 52%, répartis sur plusieurs ministères et structures publiques.

    Les réalisations annoncées jusqu’à fin 2025

    Parmi les projets réalisés jusqu’à fin 2025, le ministre a cité notamment :

    Le portail unifié des services
    Les maisons des services administratifs
    Le paiement à distance de la vignette automobile
    L’hôpital numérique, dans sa première phase
    Le timbre fiscal électronique
    La plateforme nationale d’interopérabilité
    La plateforme nationale de suivi des projets publics

    Les priorités en cours : facturation électronique et identifiant fiscal en ligne

    Le ministre a également évoqué les projets prioritaires en cours, dont :

    La généralisation de la facturation électronique
    La mise en place de l’identifiant fiscal en ligne
    Le système d’information de l’assurance maladie
    Le bulletin n°3
    Et d’autres projets liés aux services administratifs

    Des défis liés à la cybersécurité et à la conduite du changement

    En conclusion, le ministre a souligné plusieurs obstacles à la numérisation des services, notamment l’augmentation des risques liés à la cybersécurité et à la souveraineté numérique, ainsi que la résistance au changement lors du passage du papier au digital. Il a insisté sur le fait que la numérisation constitue un outil jugé efficace et nécessaire dans la lutte contre la corruption et la bureaucratie.

    Il a ajouté que la concrétisation des projets exige des prérequis, tels que :

    Le renforcement du capital humain
    L’adaptation du cadre législatif au rythme technologique
    La diffusion de la culture numérique auprès du grand public
    Le recours responsable à l’intelligence artificielle

    Les députés appellent à accélérer et à réduire la fracture numérique

    Les députés ont mis en avant le caractère stratégique de la transformation numérique, appelant à une mobilisation générale. Ils ont insisté sur l’accélération de la numérisation de l’administration et sur l’amélioration des services directement liés au citoyen, afin de réduire la bureaucratie, simplifier les procédures et renforcer la lutte contre la corruption, l’accaparement et l’évasion fiscale.

    Ils ont également plaidé pour un accès équitable, pour les femmes et les hommes et dans toutes les régions, à des services TIC de qualité et à coût abordable, afin de garantir l’inclusion sociale et financière et de limiter la fracture numérique.

    Plusieurs interventions ont pointé la lenteur de certains projets, dont l’identité numérique, la carte de soins « Lebas », la carte d’identité nationale et le passeport biométrique. Les députés ont aussi interrogé le ministère sur l’avancement des projets d’interopérabilité et sur certaines plateformes nationales, notamment la plateforme numérique dédiée au recrutement des diplômés de l’enseignement supérieur en chômage de longue durée.

    Poste et couverture réseau : difficultés signalées sur le terrain

    La séance a aussi été marquée par des questions relatives aux services postaux : manque de ressources humaines, nombre limité de bureaux, affluence et retards dans le traitement des demandes. Des députés ont appelé à renforcer les bureaux de poste mobiles et à réhabiliter ou rouvrir plusieurs bureaux.

    La faiblesse de la couverture réseau dans plusieurs zones a également été soulevée, avec des demandes de clarification sur les causes et les solutions envisagées.

    Le ministre annonce des mesures et confirme l’entrée en vigueur progressive de la facturation électronique

    En réponse, le ministre a indiqué que des efforts sont en cours pour rattraper certaines difficultés, notamment celles liées à la Poste, en raison du manque d’effectifs, avec une orientation vers une levée progressive de ce déficit via des recrutements.

    Concernant la couverture réseau, il a évoqué des interventions sur les « zones blanches » par le ministère, ainsi que des actions de l’Instance nationale des télécommunications dans le cadre des contrats avec les opérateurs, là où la couverture reste insuffisante.

    Le ministre a par ailleurs confirmé que plusieurs programmes entreront en phase d’exécution au cours de l’année 2026. Il a indiqué que la plateforme numérique dédiée au recrutement des diplômés de l’enseignement supérieur en chômage de longue durée est en cours de préparation, en coordination avec le ministère de l’Emploi et de la Formation professionnelle.

    Il a enfin insisté sur la nécessité d’avancer vers la numérisation des services, y compris l’adoption de la facturation électronique, même de manière progressive, sans annulation ni report. Selon lui, 2026 marquera « le véritable lancement » de la numérisation complète de l’administration, dans le cadre de la vision nationale unifiée de transformation numérique, intégrée au plan de développement 2026-2030, avec des objectifs, des priorités et un calendrier définis.

    Une approche participative avec les députés

    En clôture, le ministre a exprimé sa disponibilité à travailler de manière participative avec les députés, rappelant que les domaines du numérique, de l’intelligence artificielle et de la cybersécurité évoluent rapidement et nécessitent une coordination renforcée entre toutes les parties prenantes.

     

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