agriculture

Olives à Sfax : 540 000 tonnes attendues, une récolte record confrontée à de nombreux défis (Vidéo)

    Le président de l’Union régionale de l’agriculture et de la pêche à Sfax, Mohamed Hedi Chlagou, a affirmé que la récolte d’olives dans le gouvernorat de Sfax pour la saison en cours sera meilleure que prévu, avec une production estimée à environ 540 000 tonnes.

    Malgré ce volume exceptionnel, le rythme de la récolte demeure préoccupant. À ce jour, seulement 55 % de la production totale a été collectée, une situation qui suscite l’inquiétude des agriculteurs quant au risque de pertes et à une possible dégradation de la qualité.

    Manque de main-d’œuvre et flambée des coûts de récolte

    Selon Mohamed Hedi Chlagou, la pénurie de main-d’œuvre et la hausse significative des coûts de cueillette figurent parmi les principaux obstacles auxquels font face les agriculteurs de la région.

    Il a précisé que les huileries achètent quotidiennement des olives pour une valeur avoisinant 10 milliards de dinars, mais que les producteurs continuent de souffrir d’un manque de liquidités, limitant leur capacité à poursuivre la récolte et à assumer des charges de plus en plus élevées.

    Appel à une stratégie nationale pour la filière oléicole

    Face à cette situation, le responsable agricole a plaidé pour l’élaboration d’une stratégie nationale claire et à long terme dédiée au secteur de l’olive et de l’huile d’olive.

    Il a souligné que les indicateurs actuels placent la Tunisie parmi les pays appelés à devenir l’un des plus grands producteurs mondiaux d’olives dans les prochaines années. Toutefois, les moyens mis à disposition par l’État restent insuffisants. Selon lui, les 40 milliards de dinars alloués ne couvrent pas les besoins réels du secteur, tant en matière de financement que d’accompagnement.

    Les exportateurs dictent les prix, les agriculteurs fragilisés
    Mohamed Hedi Chlagou a également mis en lumière un déséquilibre structurel du marché, expliquant que les exportateurs fixent les prix, laissant les agriculteurs dans une position de faiblesse et sans réelle maîtrise de la rentabilité de leur production.

    Il a insisté sur la nécessité d’une intervention de l’État pour réguler le marché, garantir un équilibre entre les différents acteurs et protéger les agriculteurs contre la volatilité des prix et la pression des intermédiaires.

    Un secteur stratégique aux enjeux majeurs

    Malgré les contraintes, le secteur de l’olive demeure l’un des piliers stratégiques de l’économie tunisienne, capable de générer des recettes en devises et de soutenir la croissance.

    Pour Mohamed Hedi Chlagou, relever les défis actuels passe par une coordination effective entre l’État, les agriculteurs, les huileries et les exportateurs, ainsi que par la mise en place d’une vision globale assurant la durabilité de la filière et l’amélioration des revenus des producteurs.

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