Un rapport publié mercredi par le bureau du secrétaire général des Nations unies, António Guterres, révèle que le président syrien Ahmed Charaa, ainsi que le ministre de l’Intérieur Anas Khattab et le ministre des Affaires étrangères Assaad Al-Chaibani, ont été la cible de cinq tentatives d’assassinat au cours de l’année 2025.
Le document, consacré aux menaces représentées par l’organisation État islamique durant l’année écoulée, précise que ces opérations ont eu lieu dans les gouvernorats d’Alep, au nord du pays, et de Deraa, au sud. Le président Charaa figurait parmi les principales cibles, aux côtés des deux ministres. Le rapport ne fournit toutefois ni dates exactes ni détails supplémentaires sur ces attaques.
Un groupe présenté comme une “façade” de l’État islamique
Selon le rapport, une entité appelée « Saraya Ansar Al-Sunna » serait à l’origine de ces tentatives. Elle est décrite comme une « façade » de l’organisation extrémiste, lui permettant de nier toute implication directe tout en bénéficiant d’une plus grande flexibilité opérationnelle.
Les Nations unies estiment que ces attaques constituent une preuve supplémentaire de la volonté persistante de l’EI de déstabiliser le nouveau gouvernement syrien, en exploitant ce que le rapport qualifie de « failles sécuritaires et d’un climat d’incertitude » dans le pays.
Un groupe toujours actif en Syrie
Le gouvernement de Charaa avait annoncé en novembre dernier son adhésion à la coalition internationale de lutte contre l’État islamique, une organisation qui avait auparavant contrôlé de vastes territoires syriens.
Des experts onusiens en contre-terrorisme affirment que le groupe demeure actif dans plusieurs régions, ciblant principalement les forces de sécurité, notamment dans le nord et le nord-est du pays. Citant l’agence Associated Press, ils estiment qu’environ 3 000 combattants opèrent encore entre l’Irak et la Syrie, la majorité étant basée en territoire syrien, en particulier dans les zones septentrionales.
Une embuscade meurtrière près de Palmyre
Le rapport mentionne également une embuscade contre des forces américaines et syriennes près de la ville de Palmyre le 13 décembre dernier. L’attaque a entraîné la mort de deux soldats américains et d’un civil, poussant l’administration du président américain de l’époque, Donald Trump, à lancer des opérations militaires de représailles contre des cellules résiduelles de l’organisation.
Transfert de détenus vers l’Irak
Par ailleurs, les forces américaines ont entamé, depuis la fin du mois dernier, le transfert vers l’Irak de détenus soupçonnés d’appartenir à l’État islamique. Washington justifie cette décision par la nécessité d’assurer leur détention et de garantir leur comparution devant la justice.
Cette mesure intervient après la reprise par les forces gouvernementales syriennes de camps auparavant administrés par les Forces démocratiques syriennes (FDS), à la suite du récent accord de cessez-le-feu entre les deux parties.
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