Par Amine Ben Gamra : Danger de manque de liquidités – Le nouveau gouvernement et la Banque Centrale de la Tunisie doivent conjointement mettre en place une politique de relance

Aujourd’hui, les banques tunisiennes sont face à un danger sérieux de manque de liquidités et d’incapacité à financer aussi bien l’investissement que la consommation. Ledit manque, s’élèvait à 10,708 milliards de dinars en février 2020, selon des données de la Banque Centrale de Tunisie (BCT). Cette situation est imputable, principalement, à la régression du taux d’épargne en Tunisie, qui est passé d’une moyenne de 21% du PIB avant 2010 à 8,2% actuellement, sous l’effet de l’érosion du pouvoir d’achat des citoyens et la dégradation de la situation économique du pays.

Il en ressort un faible niveau de l’investissement pour une longue période depuis 2011 et une baisse de l’attractivité de l’économie tunisienne. Le taux d’investissement est passé de 24,6% en 2010 à 18,5 en 2018 et demeurerait sous la barre de 19% jusqu’en 2020.

Face à cette situation, le nouveau gouvernement et la Banque Centrale de la Tunisie doivent conjointement mettre en place une politique de relance conjuguant trois leviers :

  • Une politique monétaire de baisse des taux d’intérêt de base menée par la Banque Centrale qui vise à abaisser le coût des crédits bancaires et à en faciliter la croissance. Cette baisse du taux directeur doit être accompagnée par des mesures pour que les crédits octroyés soient affectés aux projets destinés à l’exportation capables d’équilibrer la balance commerciale et non aux consommateurs attirés par les crédits faciles qui se jetteront sur les produits importés;
  • une politique budgétaire menée par le gouvernement qui consiste à renforcer la stabilité financière via le renforcement des ressources propres de l’Etat, la maîtrise des dépenses et l’impulsion de l’activité économique;
  • une politique réglementaire  à travers l’adoption, par exemple, de la loi d’amnistie sur les délits de changes et l’autorisation de l’ouverture de comptes en devises aussi bien pour les Tunisiens que pour les étrangers. Cette réforme permettrait de ramener des devises vers le circuit formel, de renflouer les réserves de la BCT, de stabiliser le taux de change et de promouvoir les investissements directs étrangers, qui ne peut qu’être bénéfique pour tous.

Amine BEN GAMRA. Expert Comptable – Commissaire Aux Comptes – Membre de l’Ordre des Experts Comptable de Tunisie.

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