Economie

Par Amine Ben Gamra : Des réformes audacieuses doivent être mises en œuvre aussi rapidement

La situation de l’économie tunisienne demeure très fragile. En fait le pays reste confronté à plusieurs défis liés notamment à la croissance, à l’emploi, à la stabilité du cadre macro-économique et aux disparités régionales. Malgré cette situation difficile, la Tunisie, dispose d’un  potentiel  de  croissance  important  qu’il  importe  de saisir moyennant  une participation active du secteur privé. Ceci nécessite la mise en place des réformes audacieuses pour  améliorer  le  climat  des  affaires  en  plus  d’une meilleure gouvernance et du rétablissement de la confiance entre les différents partenaires socio-économiques.

Ainsi, les priorités économiques du nouveau gouvernement devront inclure :

  • la construction d’infrastructures majeures en vue d’intégrer les arrière-pays les plus pauvres de l’ouest et du sud dans l’économie du pays ;
  • le rééquilibrage géographique des centres de production électrique vers les sources d’énergie. En effet, trouver la bonne combinaison de politiques énergétiques est d’autant plus urgent que la Tunisie risque de perdre une partie de son secteur manufacturier offshore en Europe de l’Est en raison de la hausse des coûts ;
  • encourager le développement de l’agriculture, parent pauvre de l’économie depuis un demi-siècle ne pourra qu’aider les zones rurales ;
  • la préparation d’une nouvelle stratégie pour la bonne gouvernance des entreprises publiques ;
  • réformer la manière bureaucratique dont le pays est gouverné et se débarrasser des innombrables autorisations et règles qui accordent beaucoup trop de pouvoir aux bureaucrates;
  • encourager les jeunes à créer de petites entreprises mais en même temps soutenir les grandes entreprises qui exportent des biens à réelle valeur ajoutée ;
  • maîtriser le secteur informel et nettoyer l’énorme quantité d’argent informel qui se lave autour de la Tunisie pour relancer l’économie et affaiblir les réseaux criminels qui ont prospéré après l’effondrement de l’autorité de l’État ;
  • renforcer le rôle de la banque centrale du pays et la rendre plus indépendante du gouvernement.

Le succès ou l’échec des réformes économiques en Tunisie dépendra du pragmatisme du nouveau gouvernement. Par ailleurs, un nouveau pacte social entre le gouvernement, les syndicats et la fédération patronale UTICA est indispensable.

Depuis 2011, aucune réforme n’a été effectuée. L’heure n’est pas, semble-t-il, à des mesures économiques hardies.

Amine BEN GAMRA. Expert Comptable – Commissaire Aux Comptes – Membre de l’Ordre des Experts Comptable de Tunisie.

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