Par Amine Ben Gamra – Gouvernance et procédures de contrôle interne solides: dispositifs clés anti-corruption

Aujourd’hui, alors que l’économie stagne suite aux effets dommageables de la pandémie du Coronavirus (Covid-19), la corruption essaime dans le corps de l’économie comme un cancer. La fraude ne concerne plus seulement les grandes entreprises mais, fait nouveau, se propage aux PME. Force est de constater que plus aucune entreprise publique ou privée n’est à l’abri de cette menace aux visages multiples et aux conséquences lourdes. La fraude constitue désormais un risque majeur fragilisant les entreprises.

Les barons de la corruption veillent au grain, à toutes les échelles et dans toutes les institutions, pour que notre pays ne gagne pas sa guerre annoncée contre ce fléau qui continue de se développer et dont le coût avoisine, selon certaines estimations, 54% du PIB de la Tunisie car les pertes générées sont très diverses :

  • impact de la trésorerie à hauteur des sommes détournées ;
  • pertes d’exploitation (Exemple : rupture d’activité quand l’outil de production est touché…) ;
  • impact sur la réputation ;
  • pertes commerciales …

Pour lutter contre la corruption il faut savoir que les fraudes interviennent souvent lorsque les dispositifs de contrôle ont été mal conçus et que la gouvernance se révèle déficiente, affaiblissant ainsi les processus de l’organisation. Les sociétés devraient disposer de procédures de contrôles internes solides afin de limiter les risques de fraude.

La menace de fraude est l’un des défis les plus courants auxquels les sociétés doivent faire face en matière de gouvernance, quelles que soient leur taille, leurs secteurs d’activité ou leur emplacement géographique. Pour lutter contre la fraude, il est fondamental de mettre en place des dispositifs de contrôle interne adéquats contenant un plan de gestion des cas adaptés. À cet égard, il est essentiel d’adopter une approche d’assurance combinée pour comprendre les manquements dans la chaîne de contrôle qui entraînent la manifestation des cas de fraude.

Mieux vaut être actif pour se protéger du risque de fraude. Il faut procéder périodiquement à l’évaluation des risques et d’identifier ses vulnérabilités. L’entreprise peut établir une cartographie afin d’identifier des zones de vigilance en face desquelles proposer des procédures adaptées : Quels sont les risques ? Des contrôles existent-ils ? Comment organiser la vigilance ?

Aussi est-il préférable de faire appel à des spécialistes expérimentés pour mener des d’investigations périodiques à même d’identifier les situations où le risque de fraude est présent et de fournir une réponse appropriée en auditant les dispositifs de contrôles internes et en évaluant la possibilité de fraude ainsi que la manière dont l’organisation gère ce risque.

Le peuple tunisien aspire à construire une économie exempte de toute forme de corruption et de favoritisme. Il aspire surtout à une bonne gouvernance et à une bonne gestion des fonds publics. Aussi, plus le climat d’investissement s’assainit et gagne en sérénité, plus la confiance se renforce et la rentabilité économique s’améliore.

Amine BEN GAMRA. Expert Comptable. Commissaire aux Comptes. Membre de l’Ordre des Experts Comptable de Tunisie.

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