Par Amine Ben Gamra : Tragédie de Amdoun, accident de route ou mécanismes de contrôle défaillants ?

Lorsqu’on parle du secteur du tourisme si stratégique auquel on attribue souvent le titre de sauveur de l’économie nationale, le contrôle des acteurs incontournables qui composent ce secteur tel que les agences de voyage est presque inexistant. En conséquence, les dégâts sont graves pour la Tunisie et les conséquence très lourdes. En effet, un bus de tourisme a chuté dans un ravin, dimanche 1er décembre, faisant 26 morts et 18 blessés, dans le nord-ouest de la Tunisie, selon un bilan préliminaire des autorités.

Cadre légal et mécanismes de contrôle défaillants

L’exercice de l’activité des agences de voyages est soumis à la fois à l’obtention d’une licence selon les dispositions du décret n°74-581 du 25 mai 1974 et du décret n°87-273 du 17 février 1987 et d’un cahier des charges approuvé par l’arrêté du ministre de Tourisme du 09 novembre 2006. Outre ces documents, les agences de voyages doivent répondre à d’autres conditions telles que celles prévues par l’article 2 du décret n°2006-2216 pour pouvoir exercer ce métier.

Les transports terrestres sont aussi réglementés par la loi. En effet, l’article 25 de la loi n° 2004-33 du 19 avril 2004, stipule que les différentes activités de transport touristique sont soumises à des  cahiers des  charges et à des déclarations préalables auprès des services compétents du ministère chargé du Transport. Aussi, l’arrêté du ministre des Technologies de la Communication et du Transport du 26 Août 2004 a réglementé les véhicules affectés aux transports touristiques.

Même les  programmes  de  voyages  et d’excursions touristiques sont soumis au visa préalable des services compétents de l’Office National du Tourisme Tunisien et tout organisateur de ces circuits  et  excursions touristiques est tenu de respecter ses  engagements envers ses clients et d’assurer toutes conditions de confort et de sécurité.

A mon avis nous avons un cadre légal complet pour réglementer ce secteur mais il nous manque le contrôle d’application de ce cadre. Par ailleurs, le ministère du Tourisme n’est pas entrain de jouer convenablement son rôle de contrôle des agences de voyages d’autant plus que ces agences ne respectent, dans leur majorité, aucune norme de sécurité et aucune réglementation pour assurer un strict minimum de droits aux clients. La tragédie de Amdoun est la conséquence d’un laxisme et d’un manque de contrôle de la part de l’Etat, ce qui a mis en danger la sécurité des voyageurs.

Le problème de respect de la loi par les agences de voyages ne date pas d’aujourd’hui, mais ces dernières années il a considérablement proliféré, d’autant plus que les cas d’arnaque, d’escroquerie, mauvais services et même publication d’informations financières mensongères ne se comptent plus  et que la sécurité même des clients vient d’être ébranlée.

Amine BEN GAMRA, Expert Comptable, Commissaire Aux Comptes – Membre de l’Ordre des Experts Comptable de Tunisie.

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