Economie

Par Imed Derouiche : La Prime de 200 DT, la mauvaise-bonne mesure !

Comme toutes les guerres, le combat contre le Covid 19 sera âpre, long et laissera des traces indélébiles tant psychologiques, sociales qu’économiques. Comme toutes les guerres, les armées ont besoin d’un commandement unifié, de chefs de guerres, de stratégies d’attaque et de défense, de plans de ravitaillement et d’études analytiques de ses ennemis. Hélas en terre d’Hannibal, les chefs se disputent le Commandement faisant fi de l’intérêt suprême de la Nation. Plus prompts au carriérisme personnel qu’à la victoire contre l’ennemi commun, nos Chefs avancent à pas dispersés chacun avec ses colonels et sa propre brigade politique pour marquer leur contribution dans cette guerre lasse.

Nonobstant les sorties médiatiques hasardeuses et l’absence de stratégie commune, ce sont les calculs politiciens et les équilibres partisans qui ont pris le pas sur les plans de défense anti-corona. Ainsi, en pleine guerre, Fakhfekh a joué à découvert en se passant de 2 miradors qui avaient l’expérience des combats et la maîtrise du sujet. Suppléer 2 commandants de terrains comme Sonia Bencheikh à la Santé et Mohamed Trabelsi aux Affaires Sociales est un impair impardonnable en temps de guerre d’autant que les remplaçants ont été désignés non en es-qualité mais sous l’autel des équilibres partisans. Partout dans le monde, les changements se managent en douceur avec des règles et des périodes tampons, chez nous, les changements signifient rupture et déni de l’acquis des équipes précédentes.

La pagaille, les troubles et les embrasements constatés après l’annonce de la prime de 200 DT témoignent de cette rupture brutale car si Fakhfekh avait utilisé « le Management of Change » en gardant l’ancien ministre des Affaires Sociales, le pays aurait évité ces attroupements recensés à 1 million de personnes le 6 Avril devant les bureaux de poste et municipalités avec les risques de contamination que nous connaissons. Disposant de la cartographie des gens nécessiteux et habitués à la distribution d’aides, il avait l’avantage du terrain, du pragmatisme et de l’efficacité.

La prime de 200 DT, bien que salutaire, a ressemblé plus à un anesthésiant social qu’à une mesure d’accompagnement. L’inventaire des bénéficiaires de la prime sacralise la fainéantise et l’inaction et sans renier le Droit aux vrais nécessiteux de cette prime, il est scandaleux que certains fonctionnaires en aient bénéficié ainsi que des chômeurs alors que des milliers de travailleurs (employés de cafés- restaurants- commerces- salariés de petites PME- artisans- …) en soient privés alors qu’ils sont les victimes directes du confinement.

C’est une prime injuste qui donne une légitimité sournoise et douteuse à une catégorie qui se complaît dans l’inaction au détriment de milliers de personnes qui travaillent mais que le Corona a privés d’activité et réduits à un chômage forcé. D’une mesure sociale d’accompagnement pour les véritables personnes nécessiteuses, la prime de 200 DT s’est transformée en prime indue à une frange de la population. Tout le monde se rappelle l’épisode du jeune, bien dans son corps, qui s’est auto-flagellé en public dans les bureaux de la municipalité pour réclamer son droit à la prime.

C’est certainement l’hérésie de cette mauvaise bonne prime qui a fait plus de mal que du bien. La guerre est bien réelle mais il nous sera impossible de la gagner en l’absence d’une stratégie globale qui tienne compte de tous les aspects sanitaires, sociaux et économiques.  Le confinement n’est ni un remède ni un palliatif, il sert uniquement à ralentir la courbe de la propagation du virus et il appartient à monsieur Fakhfekh, en véritable chef de Guerre, de choisir son combat pour sauver la Vie ou sauver l’Economie et nous l’implorons d’opter pour le premier combat en capitalisant sur l’Homme avec un gros investissement dans les mesures de protection, les tests massifs et l’adoption du protocole de la chloroquine – Zithromax. En remportant le combat pour la Vie, vous gagnerez la guerre de l’existence car combien même l’économie est sauve, elle ne vaut rien sans l’Homme.

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