Economie

Par Rym Mourali – Taoufik contredit Rajhi : La schizophrénie au pouvoir

Comme s’il venait à peine d’émerger d’un long et profond sommeil, pour découvrir que la dette extérieure avait dépassé tout entendement. Monsieur Taoufik Rajhi joua de toutes les cordes de populisme que portait son arc afin de renier sa responsabilité quant à la politique de mendicité adoptée depuis 2012.

N’est-ce pas lui le responsable depuis le temps de la Troïka, des politiques économiques et financières à la Kasbah tantôt en tant qu’expert, tantôt en tant que conseiller, et en tant que Ministre en charge des réformes économiques majeures dans les gouvernements Chahed 1&2 ?

Voilà plus de cinq ans qu’il soutient une politique désastreuse et fantaisiste et tient les rênes de l’économie nationale. Les dettes extérieures et intérieures sont ainsi devenues la principale fonction du « réformateur » Taoufik Rajhi, qui a réussi à accomplir un boom économique au dépend de l’intérêt national comme le révèlent les indicateurs réalisés :

  • Hausse de la dette publique de 25000 million de dinars en 2010 à environ 70000 million de dinars en 2017.
  • Hausse de la proportion du PIB de cette même dette de 40% en 2010 à 70% 2017.

La composition de la dette a changé pendant la même période : un tiers a été alloué à l’emprunt intérieur et deux tiers à l’emprunt extérieur.

En sa qualité d’interlocuteur et de négociateur privilégié avec les institutions monétaires et financières internationales, il a réussi à réduire les échéances de remboursement de la dette publique entre 5 et 7 ans. Grâce au flottement du dinar, pour lequel on devrait applaudir, le service des dettes s’est accru (remboursement de la totalité des échéances de l’année, principal et intérêt).

C’est ainsi que la Tunisie en est arrivée à emprunter pour rembourser ses dettes et en aucun cas pour investir. Grâce aux directives qu’il a fournies, l’économie nationale est désormais sous le marteau d’une croissance faible ou inexistante et l’enclume d’une puissante inflation. Et ce, malgré le programme de réformes majeures 2016-2020, pratiquement plagié mot à mot, d’un rapport émanent en 2011 de la Banque Africaine de Développement et destiné au développement du Maroc !!!

Tandis que notre homme somnolait dans la caverne, tournant le dos à la réalité, la Tunisie a été incluse par l’Union Européenne dans “la liste noire” des paradis fiscaux. Nous ne lui rappellerons pas la hausse continue du déficit de la balance commerciale, ni des projets de cession des institutions nationales, nous ne lui demanderons pas le secret de son maintien, au fil des ans, dans le sillage de toute l’équipe Hammadi Jebali et du règne de la Troïka. Il lui est seulement demandé de divulguer le montant des prêts (qu’il a appelés aumônes), ainsi que l’usage réservé à ces dettes contractées? Monsieur Rajhi doit distinguer entre le don et l’emprunt. Le premier ne se rembourse pas, n’hypothèque ni l’état ni les générations à venir et ne touche pas à la souveraineté nationale en ouvrant la porte aux ingérences des créanciers étrangers.

Reste qu’il est scandaleux de qualifier de mendiant un état dont on est, de fait, l’un des hauts fonctionnaires. Qui lui a murmuré, au cours de son sommeil, que la seule solution est de mendier d’après son vocable ? S’il ne sait qu’implorer la charité c’est un désastre et s’il connait d’autres solutions et qu’il n’a choisi que de mendier c’est une plus grande calamité!
Alors monsieur Taoufik qu’en est-il des prêts ?

Rym Mourali, – Secrétaire générale du mouvement de l’indépendance tunisienne

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