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Sante

Pénurie de médicaments : nouvelles mesures pour soutenir la Pharmacie centrale

Le ministère de la Santé a dévoilé une série de mesures visant à renforcer l’approvisionnement en médicaments et à prévenir les ruptures, notamment une enveloppe supplémentaire annuelle de 15 millions de dinars, la généralisation du système numérique « e-pharmacie » et la mise en place d’une plateforme nationale de suivi des stocks.

Ces précisions figurent dans la réponse du ministère à une question écrite adressée par la députée Meriem Cherif, élue de la circonscription Oued Ellil-Manouba, sur les pénuries de médicaments en Tunisie.

Une question parlementaire sur les pénuries

Dans sa question écrite datée du 6 avril 2026, Meriem Cherif a interpellé le ministre de la Santé sur ce qu’elle présente comme une aggravation des pénuries de médicaments en Tunisie.

La députée, qui se réfère aux articles 114 de la Constitution et 129 du règlement intérieur de l’Assemblée des représentants du peuple, cite des informations faisant état de l’absence d’au moins 20 médicaments vitaux sans alternatives, ainsi que de perturbations dans la distribution d’environ 69 autres médicaments.

Elle évoque également un manque aigu qui toucherait plus de 60% des pharmacies, particulièrement pour les traitements des maladies chroniques telles que le diabète et l’hypertension artérielle, avec, selon sa question, des répercussions potentielles sur plus de deux millions de patients.

Ces données sont celles avancées dans la question parlementaire. La réponse du ministère de la Santé ne les valide pas explicitement.

15 millions de dinars supplémentaires chaque année

Dans sa réponse, le ministère affirme accorder une priorité particulière à la continuité de l’approvisionnement en médicaments essentiels, notamment ceux destinés au traitement des maladies chroniques.

Il annonce l’octroi d’un financement supplémentaire annuel de 15 millions de dinars au profit des structures sanitaires régionales afin de renforcer leurs stocks et d’améliorer leur capacité à répondre aux besoins thérapeutiques des patients.

Le système « e-pharmacie » appelé à être généralisé

Le ministère indique également travailler au développement de systèmes d’information permettant de suivre en temps réel la circulation des médicaments et l’évolution des niveaux de consommation.

Dans ce cadre, les autorités prévoient de généraliser l’utilisation du système « e-pharmacie », destiné à améliorer le suivi des stocks, l’anticipation des besoins et les opérations d’approvisionnement.

Des mesures pour soutenir la Pharmacie centrale

Le ministère de la Santé précise poursuivre sa coordination avec les ministères des Finances et des Affaires sociales, sous la supervision de la présidence du gouvernement, afin de garantir les ressources nécessaires au fonctionnement du système d’approvisionnement.

Un Conseil ministériel restreint s’est tenu le 31 mars 2026 pour suivre le dossier et poursuivre la mise en œuvre de décisions prises lors de précédents conseils ministériels organisés les 5 novembre 2024 et 3 septembre 2025.

Des mesures conjoncturelles ont également été prises pour soutenir la situation financière de la Pharmacie centrale de Tunisie. Elles comprennent notamment la mobilisation de ressources supplémentaires par le ministère des Finances et la régularité des transferts financiers provenant de la Caisse nationale d’assurance maladie (CNAM).

Selon le ministère, ces dispositions doivent permettre d’améliorer le règlement des créances des fournisseurs et de renforcer la capacité à assurer la disponibilité des médicaments dans les délais requis.

Des dettes de 1,3 et 1,4 milliard de dinars évoquées par la députée

Dans sa question, Meriem Cherif avait également soulevé le volet financier de la crise.

Elle faisait état de dettes accumulées par la Pharmacie centrale dépassant 1,3 milliard de dinars, ainsi que de créances supérieures à 1,4 milliard de dinars auprès des structures publiques.

Elle citait également les difficultés d’importation, les perturbations des chaînes d’approvisionnement et la faiblesse de la production locale de certains médicaments modernes parmi les facteurs pesant sur le système.

La réponse ministérielle détaille les mesures de financement et de soutien engagées, mais ne confirme pas séparément ces montants ni ne fournit de calendrier global de règlement de la situation financière.

Les articles 18, 19 et 20 de la loi de finances mobilisés

Le ministère rappelle par ailleurs que la loi de finances pour 2026 a introduit des mesures structurelles supplémentaires à travers ses articles 18, 19 et 20.

Celles-ci concernent notamment le soutien au financement du système de couverture sanitaire, la mobilisation de ressources en faveur du compte de diversification des sources de financement de la sécurité sociale, ainsi que l’allocation de crédits pour l’acquisition de médicaments spécifiques à coût élevé.

Le ministère cite en particulier les traitements destinés aux maladies cancéreuses.

Une plateforme nationale pour anticiper les ruptures

Afin de renforcer la gouvernance du système d’approvisionnement et de prévenir les pénuries, le ministère travaille avec le Conseil national de l’Ordre des pharmaciens et la Chambre nationale des industries pharmaceutiques à la création d’une plateforme nationale.

Cet outil doit permettre de suivre les stocks de médicaments et d’observer de manière anticipée la situation de l’approvisionnement.

Un préavis d’au moins trois mois en cas d’arrêt de commercialisation

Le ministère fait également référence à une décision du ministre de la Santé datée du 26 janvier 2026 concernant les autorisations de mise sur le marché des médicaments.

Le texte impose notamment plusieurs obligations destinées à renforcer la transparence et la continuité de l’approvisionnement : information sur la date effective de commercialisation, déclaration périodique des niveaux de stocks de matières premières, de produits semi-finis et de médicaments commercialisés, ainsi que signalement préalable de tout arrêt temporaire ou définitif de commercialisation.

Ce signalement doit intervenir au moins trois mois avant la date prévue de la rupture.

Une liste nationale des médicaments critiques en préparation

Les acteurs concernés doivent également élaborer des plans spécifiques de gestion des risques de pénurie pour les médicaments considérés comme présentant une importance thérapeutique majeure.

Parallèlement, l’Agence nationale du médicament et des produits de santé doit établir une liste nationale des médicaments dont l’interruption pourrait mettre en danger la vie des patients ou les priver d’une possibilité thérapeutique essentielle.

L’objectif affiché est de permettre une intervention anticipée afin de garantir leur disponibilité et de renforcer la sécurité pharmaceutique nationale.

 

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