La Compagnie des phosphates de Gafsa (CPG) se rapproche d’une année record depuis plus d’une décennie. Son président-directeur général, Abdelkader Amidi, a annoncé que la production devrait atteindre 4 millions de tonnes de phosphate commercial d’ici la fin de 2024, confirmant la reprise progressive d’un secteur stratégique pour l’économie tunisienne.
Cette projection marque une étape importante pour l’entreprise publique, longtemps freinée par des mouvements sociaux et des difficultés logistiques.
Quoi que, la CPG comptait atteindre 5,3 millions de tonnes en 2025…
Une production en hausse constante depuis 2021
Les chiffres récents illustrent un redressement progressif. En 2021, la CPG avait produit environ 2,7 millions de tonnes, dans un contexte social encore instable. L’année 2022 a marqué une reprise, avec près de 3 millions de tonnes enregistrées. En 2023, la production a légèrement augmenté pour atteindre 2,9 millions de tonnes, avant de franchir la barre des 3,03 millions de tonnes en 2024, selon les estimations publiées en janvier 2025.
Cette tendance rompt avec la stagnation observée depuis la Révolution. Pour mémoire, la Tunisie produisait 8 millions de tonnes de phosphate en 2010, avant que les tensions sociales ne fassent chuter la production autour de 3 à 4 millions de tonnes par an.
L’objectif à moyen terme reste ambitieux : 14 millions de tonnes à l’horizon 2030, conformément à la stratégie nationale du secteur.
Métlaoui : la CPG relance un projet social emblématique
En marge de ces annonces, Abdelkader Amidi a signé ce mardi un accord de financement avec la municipalité de Métlaoui pour la réhabilitation de la piscine municipale, un projet à l’arrêt depuis 2018.
L’investissement, estimé à 4,9 millions de dinars, s’inscrit dans le cadre de la responsabilité sociétale de l’entreprise.
Le projet vise à redonner vie à une infrastructure emblématique pour la jeunesse et la population locale, longtemps laissée à l’abandon. Métlaoui, ville minière historique du bassin de Gafsa, demeure fortement dépendante de l’activité de la CPG, qui tente à travers ce type d’initiatives de réconcilier développement économique et ancrage social.
Une industrie à la croisée des chemins
Avec la remontée progressive de la production et la relance de projets à caractère social, la CPG cherche à restaurer son image et à renouer avec son rôle moteur dans l’économie du Sud tunisien.
La stabilité sociale, la modernisation logistique et le renouvellement du matériel d’extraction restent toutefois les conditions indispensables pour atteindre les ambitions affichées.
La Compagnie des phosphates de Gafsa signera son meilleur résultat depuis plus de quinze ans, marquant ainsi le retour progressif de la Tunisie sur la carte mondiale du phosphate.