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Phosphate : l’Algérie mettra sur le marché 10,5 millions de tonnes par an, les voisins sont avertis

     

    L’Algérie est sur l’affaire depuis 2022, avec un investissement colossal de 6 milliards de dollars à Bled el Hadba, des fonds algériens. Au départ la Chine devait s’embarquer dans l’aventure, mais finalement non, Alger se lance seul, avec ses propres deniers. Et ça commence à sentir très bon. Le pays, dont le sous-sol cache les troisièmes réserves mondiales de phosphate, voit grand : Une production de 10,5 millions de tonnes par an, principalement dans la wilaya de Tébessa.

    Le seuil a été fixé hier lundi 9 février par le Premier ministre, Sifi Ghrieb, lors d’une réunion du Conseil interministériel dédiée à l’étude des avancées du projet de phosphates intégré, structuré au «niveau de trois wilayas, à savoir Tébessa, Souk Ahras et Annaba». D’après le communiqué du cabinet de Ghrieb émis au terme de cette rencontre, les réserves du pays sont évaluées à 840 millions de tonnes de phosphate…

    L’exploitation s’étalera donc sur 80 ans avec une cadence de 10,5 millions de tonnes par an. «Il s’agit d’un important projet pour le développement de la filière minière et industrielle nationale, qui repose sur des réserves exploitables de 840 millions de tonnes de phosphate et vise une production annuelle de 10,5 millions de tonnes de phosphate brut», a confirmé le communiqué.

    Selon la même source, ont été arrêtées lors de ce Conseil interministériel des dispositions pour «renforcer la synergie intersectorielle et de mobiliser l’ensemble des moyens requis pour respecter les délais fixés par le Président de la République pour l’achèvement de ce projet, prévu pour la fin de l’année 2026».

    Pour tirer un profit maximal de ce gisement les pouvoirs publics ont mis sur orbite l’installation d’une ligne ferroviaire de 450 km entre Bled el Hadba et le port d’Annaba. Par ailleurs un nouveau terminal minéralier est en cours de construction dans la zone, avec un investissement de 620 millions de dollars.

    A noter que samedi dernier le Premier ministre a visité cette wilaya, qui est traditionnellement le poumon de l’industrie lourde de l’Algérie, principalement le complexe sidérurgique d’El Hadjar. Ghrieb a mesuré sur place l’avancement du chantier de l’extension de ce port. C’est donc tout un écosystème que les autorités mettent en place pour faire des ressources minérales un vrai levier de diversification de l’économie, de croissance et de dynamisation du PIB du pays.

    Dans cette optique Alger a scellé un partenariat avec Pupuk Indonesia, premier producteur d’engrais en Asie-Pacifique. Certes on est encore loin des niveaux de production du champion du monde du phosphate, le Maroc, avec ses 31 à 35 millions de tonnes par an, mais l’Algérie carbure et se donne les moyens de ses ambitions.

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