Les mécanismes de soutien d’urgence aux entreprises doivent être anticipés et ciblés, en fonction du type de choc subi et de la capacité d’adaptation de l’entreprise, plutôt que de sa seule exposition au choc et ce, selon une nouvelle étude sur les mécanismes de soutien d’urgence des PME publiée par la Fondation SMU dans le cadre du projet Savoirs éco.
En effet, la région MENA a traversé de multiples crises, à la fois internes et internationales qui ont sévèrement impacté son économie au cours des deux dernières décennies.
Canaux d’impact des chocs
D’après l’étude, les PME qui représentent environ 95% des entreprises formelles et emploient près de la moitié de la population active, sont en première ligne face à ces chocs. Toutefois, leur accès limité au crédit et, dans certains cas, à des approches de soutien les rend particulièrement vulnérables.
On met en avant, à ce titre, la pandémie du COVID-19 qui a été à l’origine d’un choc économique d’une intensité exceptionnelle, qui a épargné peu de pays du monde. Comprendre ses effets sur les PME permet d’identifier les leviers à mobiliser pour renforcer leur résilience et mieux préparer les réponses aux crises futures.
Par ailleurs, les trois principaux canaux d’impact identifiés sont le choc du facteur travail, le choc des intrants et le choc de la demande.
Pour une approche préventive
D’après l’étude qui s’est basée sur une enquête représentative, l’effet du choc du facteur travail sur les ventes des PME est significatif et négatif. Les entreprises d’activités non essentielles ont enregistré une baisse de 15,6% des ventes par rapport aux entreprises d’activités essentielles.
En outre, une hausse de l’écart-type du choc de la demande est associée à une perte de 11% des ventes. Enfin, les PME tunisiennes ont également subi une influence négative due au choc des intrants intermédiaires, bien que l’ampleur soit inférieure à celle du choc de la demande : un écart-type supplémentaire lié au choc des intrants intermédiaires est associé à une perte de 7,3% des ventes de l’entreprise.
L’analyse montre que la capacité d’adaptation dépend davantage des ressources et de la capacité de réaction des entreprises que de leur simple exposition au choc et donc de leur besoin d’adaptation.
Par ailleurs et dans un contexte de ressources publiques limitées, les politiques de soutien doivent être stratégiquement ciblées afin de maximiser leur impact. Dès que les contraintes d’accès aux entreprises sont levées, l’aide doit être redirigée vers celles affectées par des chocs persistants – notamment ceux de la demande et des intrants.
Cette analyse se concentre sur le secteur formel, alors que le secteur informel, souvent plus durement touché, reste insuffisamment couvert. Il est essentiel d’investir dans l’infrastructure de données et les enquêtes de panel pour mieux intégrer ce segment dans les réponses politiques.
En conclusion, l’étude indique que pour faire face aux crises futures, les politiques publiques doivent aller au-delà du soutien universel. Une approche préventive, fondée sur les données et tenant compte des capacités d’adaptation des PME, permettra de mieux protéger le tissu économique tout en optimisant l’usage des ressources publiques.
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