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Pourquoi la Chine signe de gros chèques à l’Egypte, pourquoi al-Sissi et pas les autres ?

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Le président chinois, Xi Jinping, était chez son homologue égyptien, Abdel Fattah al-Sissi, les 1er et 2 septembre 2026. Une visite sans fard ni fanfare mais qui vaut son pesant d'or pour un pays - la Chine - qui dévore le monde, avec son excédent commercial de 1190 milliards de dollars. Mais Pékin mange surtout l'Afrique (le déficit commercial de cette dernière avec la Chine s'est creusé de 80 milliards de dollars en 7 mois) et la première puissance mondiale, les USA, au grand dam du président Donald Trump.

La Chine a ses habitudes sur le continent africain, mais quand c'est vraiment important c'est le président Xi qui se déplace personnellement. La dernière fois qu'on l'a vu en Afrique du Nord c'était le 21 novembre 2024, au Maroc ; une "petite visite privée" disait-on (il avait passé la nuit à Casablanca). C'est le prince héritier, Moulay El Hassan, qui l'avait reçu, le roi séjournant en France. Mais cette escale n'était pas fortuite, le Maroc étant le premier pays du Maghreb à s'embarquer dans le méga projet des Nouvelles routes de la soie.

Le président Xi au moins a compris l'intérêt d'une présence physique en Afrique, son concurrent direct, Trump, lui n'y est jamais venu, ni durant son premier mandat ni durant le second. Il y a passé à peine quelques heures en octobre 2025, en Egypte, pour les besoins de l'Accord entre Israël et le Hamas. Il avait reçu au passage un déluge de fleurs de la part du flagorneur al-Sissi. Des fleurs alors que le leader chinois a ramené beaucoup plus dans ses valises. Il était venu négocier - et il a eu tout ce qu'il voulait - une nouvelle extension de la zone industrielle sino-égyptienne...

Tout cela se fait autour du très stratégique canal de Suez, une vue directe sur un écosystème productif et financier dans lequel le yuan pèsera lourd, de plus en plus. L'affaire est d'autant plus importante que les détroits d'Ormuz et de Bab-el-Mandeb sont pris en otage par l'Iran. Téhéran est un solide allié de Pékin mais ce dernier ne peut pas se permettre de dépendre des humeurs des Gardiens de la Révolution. Les enjeux sont trop importants pour la deuxième puissance économique mondiale.

Pourquoi Xi gagne en Afrique, pourquoi Trump perd

Comme je vous le disais quand c'est très important le président Xi prend l'avion. Cela fait 10 ans qu'il n'a pas mis les pieds en Égypte. Il est revenu dans un pays très mal loti sur le plan financier, qui croule sous les dettes et qui a cruellement besoin d'investissements. Une conjoncture idéale pour les partenaires étrangers, toujours en quête de conditions avantageuses - désavantageuses pour le Caire - pour placer leurs billes. Ce n'est pas un hasard si la Chine a placé l'Egypte parmi ses chouchous en Afrique : une enveloppe de 9,7 milliards de dollars sur les 18,9 milliards décaissés en 2026.

Al-Sissi "a faim", raison pour laquelle il mange à tous les râteliers (France, Allemagne, USA, les pays du Golfe, etc.). Il a même rejoint les BRICS en janvier 2024, un club animé par la Chine, à la gloire de la puissance chinoise. Le président égyptien était bien en évidence en Inde lors de la dernière grand-messe des anti-Occident (c'est juste une posture, ils font tous affaire avec les Occidentaux), il était venu hameçonner des projets du même type que la zone industrielle égypto-chinoise, nichée dans la Zone économique du canal de Suez.

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