Actualités

Pourquoi les riches quittent massivement la Grande-Bretagne

    La Grande-Bretagne fait face à une fuite accélérée de ses grandes fortunes, conséquence directe des récentes réformes fiscales qui ont profondément modifié l’environnement des hauts patrimoines. Selon un rapport spécialisé sur la migration des richesses privées, près de 16 500 millionnaires devraient quitter le Royaume-Uni d’ici la fin de l’année 2025, un chiffre inédit pour une place financière historiquement attractive.

    Dernier exemple en date, le milliardaire égypto-britannique Mohamed Mansour, âgé de 77 ans, a récemment transféré sa résidence fiscale hors du Royaume-Uni. D’après les registres officiels, il réside désormais en Égypte, après avoir vécu à Londres depuis 2016. Sa fortune est aujourd’hui estimée à 3,4 milliards de dollars, ce qui le place parmi les hommes d’affaires les plus riches du continent africain.

    Ce départ s’inscrit dans une tendance plus large touchant de nombreux milliardaires et familles fortunées, confrontés à un durcissement progressif des règles fiscales britanniques. Pendant des décennies, le système dit des « résidents non domiciliés » permettait aux riches étrangers de ne payer des impôts que sur leurs revenus générés au Royaume-Uni, tout en exonérant leurs investissements réalisés à l’étranger.

    Mais cette situation a commencé à changer en mars 2024, lorsque les autorités ont réduit à quatre ans la durée maximale permettant de bénéficier de ce régime avantageux, contre dix ans auparavant. Depuis, la pression fiscale s’est accentuée, notamment avec l’annonce par le gouvernement travailliste de la suppression de certaines exonérations sur les droits de succession, en particulier pour les actifs logés dans des fonds d’investissement étrangers.

    Ce point précis a constitué un déclencheur majeur pour de nombreux contribuables fortunés, inquiets de voir leurs héritiers lourdement taxés. Pour certains observateurs, la fiscalité successorale représente même le facteur psychologique le plus déterminant dans la décision de quitter la Grande-Bretagne.

    Face à ce nouveau contexte, de nombreux millionnaires ont choisi de délocaliser leur résidence fiscale vers des juridictions plus attractives sur le plan fiscal, comme Monaco, la Suisse, Singapour ou les États-Unis. D’autres ont préféré rentrer dans leur pays d’origine, à l’image de Mohamed Mansour, ou encore de plusieurs grands patrons européens récemment revenus s’installer dans leur État natal.

    Malgré son départ, Mohamed Mansour a longtemps joué un rôle influent au Royaume-Uni. En 2023, il a versé 5 millions de livres sterling au Parti conservateur britannique, après avoir été nommé, en 2022, responsable du fonds financier du parti. En reconnaissance de ses activités économiques, caritatives et politiques, il a été anobli et porte désormais le titre de Sir Mohamed Mansour.

    Sur le plan économique, l’homme d’affaires a fondé à Londres la société Man Capital, active dans les secteurs de la finance, de la technologie et du sport. En Égypte, sa famille contrôle le groupe Mansour, partenaire de grandes marques industrielles internationales et acteur majeur de l’économie nationale.

    Cette vague de départs soulève une question stratégique pour Londres : comment concilier justice fiscale et attractivité économique dans un contexte de concurrence mondiale accrue pour les capitaux et les talents fortunés ? Pour la première fois depuis plusieurs décennies, la Grande-Bretagne voit son statut de refuge privilégié des grandes fortunes sérieusement remis en cause.

    Commentaires

    Que se passe-t-il en Tunisie?
    Nous expliquons sur notre chaîne YouTube . Abonnez-vous!

    Top 48h

    ABONNEZ-VOUS À NOTRE NEWSLETTER

    To Top
    SE CONNECTER