Retour sur les événements majeurs de l’historique de l’enseignement supérieur tunisien

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 L’enseignement sous Bourguiba : de 1956 à 1987

Chapitre premier : de l’Indépendance aux années soixante-dix 

Fondée le 31 mars 1960, l’Université tunisienne était porteuse d’un projet patriotique ambitieux non sans lien avec le développement économique et social de la jeune république.

En effet, la Tunisie, maigre en ressources naturelles, avait placé ses espoirs et ses efforts en son capital humain.  La volonté politique, quant à elle, misait concrètement sur l’enseignement comme facteur de progrès économique en consacrant à l’éducation 7 % du PIB par an soit le plus grand budget de tous les pays du Maghreb.

Dans un esprit nationaliste, l’Etat centralisateur avait entamé des réformes radicales dans le but de propulser la population dans la voie de la modernité. L’une des plus caractéristiques, était la rupture entre l’université et la mosquée Zitouna par décision du président Bourguiba qui a ordonné le 26 avril de l’année 1956 la création d’une université moderne de charia et de théologie.

A cette époque, l’Etat a mis les fondations de l’enseignement en quantité et en qualité. Bien que la priorité était donnée à la lutte contre l’analphabétisme via la scolarisation de masse, l’Etat a également investi dans l’expansion verticale de l’enseignement en assurant la formation de cadres moyens et supérieurs.

L’université tunisienne comprenait alors cinq facultés qui (à l’exception de la médecine) prolongeaient les enseignements dispensés auparavant par l’IHET : sciences mathématiques, physiques et naturelles ; lettres et sciences humaines ; droit, sciences politiques et économiques ; médecine et pharmacie ; théologie. Diversité et actualité la caractérisait. Aussi, l’enseignement supérieur s’est organisé autour de deux points centraux : La modernisation en adéquation avec le potentiel jeune du pays et l’affirmation des valeurs purement tunisiennes susceptibles de renforcer le sentiment d’appartenance à une nation.

Le statut personnel de 1956, est arrivé tôt pour intégrer la femme de manière tangible dans le projet de la fondation de l’Etat. Il en a fait une citoyenne à part entière en lui accordant le droit de vote et en rendant son accès à l’éducation obligatoire.

Vers la fin des années soixante, l’émergence d’une classe éduquée, cultivée et formée sur les valeurs patriotiques a constitué la première victoire du système éducatif tunisien. Elle coïncidait avec la création des grandes entreprises nationales. Cette classe représentait la colonne vertébrale de l’évolution économique et sociale sous la régence d’un Etat qui assumait pleinement ses responsabilités.

A ce niveau, nous pouvons affirmer que les structures de base de l’enseignement tunisien ont été bien établies. Le bac tunisien était reconnu partout dans le monde et l’enseignement supérieur dispensait des cours à la fois actuels et de qualité.

Nous verrons dans un prochain article l’impact de la crise pétrolière mondiale sur l’enseignement supérieur et son rôle dans la modification du modèle centralisateur de l’Etat.

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