Economie

Quand l’Iran parle “deal” à Trump : investissements, pétrole et sanctions au cœur d’un nouveau bras de fer

    L’Iran commence à mettre sur la table un registre qui colle davantage aux réflexes de Donald Trump : l’intérêt économique concret. Selon des déclarations relayées par la presse américaine, Téhéran fait valoir que tout accord nucléaire devrait produire des bénéfices « des deux côtés », en évoquant des pistes liées à l’énergie, aux mines et même à des ventes d’avions.

    Dans le même temps, Washington assume un durcissement. L’administration Trump et le gouvernement israélien de Benjamin Netanyahu auraient acté, lors d’une rencontre à la Maison-Blanche, une montée en puissance de la « pression maximale », avec une cible prioritaire : l’huile de la machine iranienne, le pétrole… et surtout sa route vers la Chine.

    Un tournant de langage : du nucléaire au “qu’est-ce que l’amérique y gagne”

    Le message implicite côté iranien est clair : si Washington veut un accord plus robuste politiquement qu’en 2015, il doit pouvoir le présenter comme un véritable « deal » économique. L’argument iranien consiste ainsi à présenter une future entente comme un paquet offrant des avantages concrets aux États-Unis, au-delà du seul volet nucléaire.

    Dans cette logique, les « investissements » évoqués ne signifient pas nécessairement des capitaux iraniens injectés directement dans l’économie américaine. Il s’agit plutôt d’opportunités commerciales pour des entreprises américaines, qu’il s’agisse de contrats énergétiques, de projets miniers ou de ventes d’équipements, rendus possibles par un éventuel allègement des sanctions.

    Le nerf de la guerre : couper l’oxygène pétrolier via la chine

    Selon les informations publiées par la presse américaine, l’un des axes discutés entre Trump et Netanyahu vise à réduire les exportations de pétrole iranien vers la Chine. Plus de 80 % des exportations pétrolières iraniennes seraient aujourd’hui destinées à Pékin, ce qui en fait un levier stratégique majeur sur les recettes de Téhéran.

    La stratégie américaine repose sur un calcul double : affaiblir financièrement l’Iran afin d’accroître sa volonté de négocier, tout en maintenant une pression diplomatique et militaire constante dans la région en cas d’échec des discussions.

    L’arme économique : la menace d’un tarif à 25 %

    Washington dispose également d’un instrument économique particulièrement dissuasif : un mécanisme pouvant conduire à l’imposition de droits de douane, avec un exemple chiffré à 25 %, visant des pays qui entretiennent des relations commerciales avec l’Iran.

    Un décret présidentiel signé le 6 février 2026 crée ce cadre potentiel. Même sans application immédiate et généralisée, ce type de mesure agit comme un signal fort adressé non seulement à Téhéran, mais aussi à ses partenaires commerciaux, notamment en Asie.

    Diplomatie et fermeté : un équilibre précaire

    Parallèlement, des discussions sont en cours avec une médiation omanaise, et des pourparlers directs sont envisagés à Genève. Côté américain, plusieurs conseillers proches du président évaluent les chances d’un accord, tout en maintenant une ligne qualifiée de « ferme ».

    L’Iran, de son côté, affirme être ouvert à des compromis, mais refuse l’idée d’un arrêt total de l’enrichissement d’uranium. Washington et Tel-Aviv accusent Téhéran de chercher à se doter de l’arme nucléaire, accusation que l’Iran rejette en affirmant que son programme est exclusivement civil.

    Une équation géopolitique à haut risque

    Cette nouvelle rhétorique du « deal » peut séduire Donald Trump, qui privilégie une approche transactionnelle des relations internationales. Toutefois, elle comporte plusieurs risques.

    D’abord, elle pourrait compliquer davantage la relation déjà tendue entre Washington et Pékin, à l’approche d’un sommet annoncé entre Trump et le président chinois Xi Jinping en avril prochain à Pékin.

    Ensuite, elle place les négociations sous une pression politique intense : en promettant une pression maximale, l’administration américaine réduit sa marge de manœuvre en cas de concessions jugées insuffisantes.

    Enfin, les lignes rouges restent profondes. L’Iran exige la levée des sanctions économiques, tandis que les États-Unis et Israël insistent sur des garanties renforcées et durables concernant le programme nucléaire iranien.

    Ce que cherche chaque camp

    Téhéran cherche un allègement tangible des sanctions et tente de rendre un éventuel accord économiquement attractif pour Washington. Les États-Unis, eux, veulent obtenir des concessions substantielles tout en limitant les ressources financières iraniennes, notamment via la Chine.

    La question centrale demeure : la logique du « deal » économique suffira-t-elle à dépasser la méfiance stratégique accumulée depuis des années ? Ou bien cette séquence n’est-elle qu’une nouvelle étape dans un bras de fer où diplomatie et pression avancent côte à côte, sans garantie d’aboutissement ?

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