Economie

Qui sont les partenaires commerciaux de l’Iran menacés par les nouvelles taxes de Trump ?

    Le président américain Donald Trump a annoncé que tout pays poursuivant des échanges commerciaux avec l’Iran s’exposerait à des droits de douane de 25 % sur ses transactions avec les États-Unis. Cette menace intervient alors que Téhéran fait face à ses plus importantes manifestations antigouvernementales depuis des années, accentuant l’incertitude politique et économique autour du pays.

    Selon les données les plus récentes de la Banque mondiale, l’Iran — membre de l’OPEP — exportait en 2022 vers 147 partenaires commerciaux. Parmi les principaux figurent la Chine, plusieurs pays d’Asie orientale, l’Irak, les Émirats arabes unis, la Turquie et l’Allemagne**.

    Les carburants constituent la première source d’exportation de l’Iran en valeur, tandis que ses importations portent principalement sur des biens intermédiaires, des machines et équipements, ainsi que des produits agricoles.

    La Chine apparaît comme le partenaire le plus exposé. En 2022, les exportations iraniennes vers Pékin ont atteint 22 milliards de dollars, dont plus de la moitié provenait du carburant, alors que les importations iraniennes depuis la Chine s’élevaient à 15 milliards de dollars. Selon des données d’analyses sectorielles, plus de 80 % du pétrole iranien expédié en 2025 aurait été acheté par la Chine, dans un contexte où les sanctions américaines ont réduit le nombre d’acheteurs potentiels.

    L’Inde constitue un partenaire commercial plus modeste mais stratégique. Sur les dix premiers mois de 2025, le commerce bilatéral entre New Delhi et Téhéran a atteint 1,34 milliard de dollars, porté notamment par les exportations indiennes de riz basmati, de fruits, de légumes et de produits pharmaceutiques.

    Avec la Turquie, les échanges restent significatifs. En 2022, les exportations iraniennes vers Ankara ont atteint 5,8 milliards de dollars, tandis que les importations iraniennes depuis la Turquie se sont élevées à 6,1 milliards de dollars, reflétant une relation commerciale relativement équilibrée.

    Du côté européen, l’Allemagne conserve des échanges limités mais symboliques. Les exportations iraniennes vers l’Allemagne ont représenté 178 millions de dollars en 2022, tandis que les importations allemandes en provenance d’Iran ont atteint 1,9 milliard de dollars, principalement dans des segments industriels spécifiques.

    En Asie de l’Est, les liens commerciaux se sont nettement réduits. En Corée du Sud, les exportations vers l’Iran ont été marginales, atteignant 129 millions de dollars entre janvier et novembre 2025, alors que les importations sud-coréennes depuis l’Iran n’ont pas dépassé 1,6 million de dollars sur la même période. Le Japon, de son côté, a importé des volumes modestes de fruits, légumes et textiles iraniens, tout en exportant vers l’Iran quelques machines et moteurs automobiles.

    La menace de droits de douane punitifs brandie par Washington pourrait ainsi rebattre les cartes du commerce international autour de l’Iran. Si elle était mise en œuvre, elle placerait plusieurs partenaires face à un choix stratégique délicat entre le maintien de relations commerciales avec Téhéran et la préservation de leurs échanges avec les États-Unis, dans un contexte mondial déjà fragilisé par les tensions géopolitiques et les sanctions économiques.

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