Le chômage mondial devrait rester stable en 2026, mais des centaines de millions de travailleurs continuent de manquer d’emplois décents, avertit l’Organisation internationale du Travail (OIT) dans son rapport annuel sur l’emploi et les tendances sociales publié le mercredi 14 janvier 2026 à Genève.
Selon l’agence onusienne, le taux de chômage mondial devrait se maintenir à 4,9%, soit environ 186 millions de personnes, tandis que près de 300 millions de travailleurs vivent dans l’extrême pauvreté avec moins de trois dollars par jour. L’informalité progresse également : 2,1 milliards de travailleurs occuperaient des emplois informels d’ici 2026, avec un accès limité à la protection sociale et aux droits au travail.
Le directeur général de l’OIT, Gilbert F. Houngbo, souligne que « la stabilité apparente du chômage ne doit pas masquer une réalité plus profonde : des centaines de millions de travailleurs demeurent piégés dans la pauvreté, l’informalité et l’exclusion ».
Les jeunes restent particulièrement vulnérables. Le chômage des 15-24 ans a atteint 12,4% en 2025, avec environ 260 millions de jeunes sans emploi, ni études, ni formation (NEET). L’OIT alerte sur les risques liés à l’intelligence artificielle et à l’automatisation, qui pourraient accentuer les difficultés pour les jeunes diplômés cherchant un premier emploi dans des professions hautement qualifiées.
Le rapport pointe également les inégalités persistantes entre les sexes : les femmes représentent seulement deux cinquièmes de l’emploi mondial et ont 24% de chances en moins de participer au marché du travail. Les perturbations du commerce mondial et les goulets d’étranglement dans les chaînes d’approvisionnement pèsent sur les salaires, en particulier en Asie et en Europe, tandis que le commerce soutient 465 millions de travailleurs dans le monde.
Les mutations démographiques redéfinissent aussi les marchés du travail. Le vieillissement dans les pays à revenu élevé freine la croissance de la population active, alors que les pays à faible revenu peinent à transformer la croissance démographique rapide en emplois productifs.
Pour répondre à ces défis, l’OIT recommande des politiques favorisant la productivité, l’investissement dans les compétences, l’éducation et les infrastructures, la réduction des écarts entre sexes et générations, ainsi qu’une exploitation responsable de la technologie et des retombées du commerce mondial. Elle appelle enfin à atténuer les risques liés à l’IA, à l’endettement et à l’incertitude commerciale par des politiques coordonnées aux niveaux national et mondial.
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