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Ajouter TN en tant que source préférée sur GoogleÀ l’occasion de la rentrée scolaire, la question des horaires d’étude et des longues heures passées par les enfants entre l’école, la garderie et parfois les cours particuliers refait surface. Si les parents cherchent avant tout à assurer de bons résultats, ce rythme effréné soulève une interrogation essentielle : l’enfant peut-il réellement supporter une telle charge ?
Le Dr Moez Cherif, président de l’Association tunisienne de défense des droits de l’enfant, a livré ce mardi une analyse détaillée. Il a rappelé que les heures de révision après la classe ne sont pas obligatoires ni quotidiennes, mais qu’elles découlent de la densité excessive des programmes.
Des programmes surchargés qui poussent aux cours particuliers
Selon lui, la charge actuelle est directement liée au contenu des manuels, jugé « très dense ». Les enseignants n’ayant pas le temps de tout couvrir en classe, les cours complémentaires sont devenus quasi incontournables. Plusieurs ministres de l’Éducation ont reconnu cette problématique, qui accentue les inégalités entre familles.
Pour l’Association, le ministère agit davantage comme un ministère de l’Instruction, alors que l’éducation devrait aussi inclure le développement des compétences personnelles et sociales. Le système d’évaluation, centré uniquement sur les notes, pousse les parents à se focaliser sur les résultats chiffrés, sans réelle vision des acquis. Conséquence : des élèves parviennent à des niveaux avancés sans maîtriser la lecture ou le calcul, ce qui explique le désintérêt croissant pour les filières scientifiques et techniques.
Revoir les programmes et garantir l’égalité des chances
Dr Cherif a insisté sur la nécessité de revoir le contenu des programmes et de permettre l’enseignement complet en classe, afin d’assurer le principe d’égalité des chances. Le recours massif aux cours particuliers, accessibles uniquement aux familles aisées, met en péril le principe de gratuité de l’école tunisienne.
Il a plaidé pour la généralisation des clubs scolaires afin de développer les compétences des enfants, ainsi que pour une révision des horaires, permettant un meilleur équilibre entre vie sociale et temps scolaire. Selon lui, l’appui excessif sur les garderies scolaires ne répond plus aux attentes et marginalise les enfants issus de familles modestes.
Donner de la valeur au temps libre
Enfin, Dr Cherif a souligné l’importance d’accorder une véritable valeur au temps libre. « Le droit à l’éducation doit aller de pair avec le droit à la culture, au sport et au divertissement », a-t-il rappelé. Une enfance équilibrée ne peut se construire uniquement autour des cours et des révisions.
Il appelle ainsi les parents à bien utiliser les moments de loisirs pour renforcer les liens familiaux, réduire la dépendance aux écrans et privilégier des activités culturelles ou sportives.
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