Rentrée universitaire et COVID-19 : Le dépistage de l’humiliation

Sur sa page Facebook, le Ministère de l’Enseignement supérieur et de la recherche scientifique a publié, le 28 mai 2020, un communiqué conjoint élaboré avec le Ministère de la Santé, en prévision à la reprise des cours dans les établissements d’enseignement supérieur prévue le 08 Juin 2020.

Selon le texte du communiqué, il a été décidé de soumettre tous les étudiants, les enseignants ainsi que les agents travaillant en dehors de leur gouvernorat de résidence et considérés comme des lieux à risque élevé ou moyen à des analyses de dépistage en utilisant les fameux tests rapides.

Ces mesures préventives rentrent dans le cadre de la lutte contre le COVID-19.

Un calendrier s’étalant sur 05 jours a été fixé et permet de déterminer selon la date de naissance le public concerné qui devra se diriger selon son gouvernorat de résidence à l’un des 8 centres identifiés.

Une initiative des plus louables dans la mesure où le retour aux cours dans les universités soulève toujours autant d’inquiétudes de la part des étudiants ainsi que du staff pédagogique et administratif.

Il est malheureux de constater cependant qu’il y a un écart flagrant entre la théorie et la pratique, du moins pour les résidents du gouvernorat de l’Ariana.

En effet, le dépistage est effectué au foyer universitaire 2 Mars 1934 du même gouvernorat.

Sur place, une foule d’étudiants et d’enseignants attendent à l’entrée des locaux. Certains sont entrain de remplir plusieurs pages de renseignements à même le trottoir.

En traversant la porte principale, aucune indication ne permet de renseigner le visiteur sur les étapes à suivre ni sur le parcours à adopter. La tension est palpable, le personnel du foyer est autant stressé que les personnes qui patientent dans une colère silencieuse.

Au comptoir d’accueil du foyer, il n’y a plus de formulaires! Apparemment on a décidé de n’en plus imprimer. Pour se les procurer il faut aller à la ‘’photocopie d’en face’’ qui les vend à 500 millimes.

De retour aux locaux, un numéro sur un bout de papier est fourni et il faut se déplacer dans un autre local pour attendre son tour. Un tour qui tarde à venir avec une file d’attente qui se rallonge de plus en plus.

Aucune distanciation sociale n’est respectée.

Il n’y a aucun parcours COVID : les entrants et les sortants empruntent les mêmes chemins sans traçage ni indications.

En quelques minutes les numéros ne servent plus à rien et c’est à celui qui saura se ‘‘faufiler’’ qui aura la chance de passer au dépistage en grillant la priorité.

Tous les formulaires , même ceux de l’enquête de dépistage, sont remplis par les citoyens.

Pourtant, sur un des formulaires portant l’en-tête de l’Observatoire National des Maladies Nouvelles et Émergentes (ONMNE), il est clairement mentionné que l’enquête sera effectuée par un agent de la santé et durera 15 minutes. Il n’en est rien !

Dans les couloirs menant aux salles de test, la tension est palpable. Le personnel paramédical est débordé.

Il n’y aucune logistique ça va et ça vient sans aucune logique.

Il n’y a aucune vérification des identités ni des renseignements fournis.

Un bout de papier estampillé fait foi d’attestation médicale’.

Les porteurs du précieux sésame finissent par sortir en empruntant le même chemin d’entrée, en replongeant au passage dans la foule qui attend son tour.

Dehors les enseignants, les étudiants et le staff administratif sont frustrés.

L’humiliation est quasi-totale. Pourquoi?

Demain un autre contingent vivra l’expérience !

 

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