Politique

Rym Mourali : Youssef chahed decidé à sacrifier l’administration au pied de l’autel islamiste

Il semble que le chef du Gouvernement soit déterminé à avancer sur le chemin de la désarticulation de l’administration tunisienne, du démantèlement de ses fondements et de l’accélération du projet de contrôle d’Ennahdha de la gestion des rouages administratifs. Il veut ouvrir la voie aux Frères Musulmans qui veulent avoir la main mise sur les postes charnières de la fonction publique.

Youssef Chahed a promis, mardi 26 décembre 2017, au cours de la réunion avec la responsable du Bureau de la justice transitionnelle de la branche locale des Frères Musulmans Yamina Zoughlami, de signer la décision de prolonger l’âge de la retraite à 65 ans pour les bénéficiaires de l’amnistie générale, assurant qu’il œuvrait avec ses conseillers, dans le cadre de ce qui est communément appelé “les grandes réformes économiques”, de persuader des milliers de compétences managériales, ainsi que des centaines de personnels, ayant été harcelés ou mis aux oubliettes d’accéder à la  retraite anticipée dans le cadre de la loi dite “du départ volontaire”.  Son allégation est de baisser la masse salariale et de bloquer ainsi les dépenses publiques, en réponse aux exigences des institutions monétaires et financières internationales.

Reste que les attributions de postes aux bénéficiaires de l’amnistie générale, comportent plusieurs aspects mystérieux. C’est un sujet tabou à ne surtout pas invoquer. Pourtant, c’est la raison principale de la hausse de la masse salariale et par conséquent du déficit des Caisses de fonds sociaux.

Depuis le début, le Mouvement Ennahdha cherche à contrôler l’espace public en donnant l’accès aux cadres de son parti aux postes clés de prise de décisions et de gestion de l’administration tunisienne. Cela s’est  traduit dans la pratique par le recrutement de ses adhérents, dans le cadre de la loi d’amnistie générale et annexes,  puis en les faisant bénéficier de promotions prodigieuses et de compensations mirobolantes à effet rétroactif, faisant porter à l’état et aux Caisses le fardeau des contributions sociales.

Youssef Chahed veut parachever cette transaction par un simple coup de stylo. En usant et abusant de la propagande populiste telle que la mise en place de réformes, la bonne gouvernance, l’augmentation des compétences et autres termes usités qu’il ne cesse paradoxalement d’affaiblir.

Le chef du gouvernement voit désormais Montplaisir comme le seul pont vers Carthage. Il croit que seul le Guide et sa bande ont la formule suprême dans la détermination du pouvoir en Tunisie.  Aujourd’hui, il veut publiquement s’aligner derrière le projet des Frères comme le passage lui permettant d’accéder, à la même vitesse, de nulle part au sommet du pouvoir exécutif.

Il aurait été plus avisé, si la notion de l’État était dans sa conception, de palier au désastre de la loi de l’amnistie générale et de ses répercussions sur la stagnation de l’administration publique en faisant, par exemple,  appel à la loi de  partenariat entre le secteur public et les secteurs privés, ou bien en favorisant la retraite anticipée de ces amnistiés qui ont pourtant bénéficié de toutes les générosités et de tous les droits de la fonction publique, sans avoir fourni le seuil minimal permis par les lois organisationnelles.

Entre Youssef Chahed et Faust le pacte avec le diable est latent. Ne dit-on pas que le démon réside dans les détails?

Rym Mourali, – Secrétaire générale du mouvement de l’indépendance tunisienne

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