Massad Boulos, le Haut-conseiller du président Donald Trump pour l’Afrique et le Moyen-Orient, avait porté la résolution américaine elle-même porteuse de l’euphorie marocaine autour du vote au Conseil de sécurité de l’ONU. L’événement avait été légèrement différé au 31 octobre dernier. La raison on l’a sue peu avant le vote, grâce aux confidences faites à TSA par un diplomate. Le texte de la résolution américaine, très favorable à Rabat au départ, avait été largement remanié. Mais cette affaire a été ensevelie par l’exaltation des Marocains après le vote. Le ministre algérien des Affaires étrangères, Ahmed Attaf, a répété publiquement – sur AL24 News – que le royaume n’avait aucune raison d’exulter, Rabat et les médias acquis à sa cause ne l’ont pas entendu. Ils ont eu tort.
Boulos est revenu à la charge sur la chaîne internationale France 24 pour faire le service après-vente de la voie qui a été défrichée par 11 membres du Conseil de sécurité. Il a corroboré les dires d’Attaf sur la nécessité de tempérer les ardeurs marocaines sur la prétendue “victoire éclatante” historique aux Nations unies…
“La résolution contente les deux parties de façon presque complète. Le problème est seulement dans le préambule de la résolution et non pas dans les dispositions. Sans cela, on aurait pu avoir un vote unanime des 15 membres, y compris l’Algérie”, a commenté l’émissaire américain.
C’est peu ou prou ce qu’a dit le chef de la diplomatie algérienne le 2 novembre 2025. Alger était “à deux doigts” de voter la résolution a dit Attaf, mais la mention de la “souveraineté marocaine” dans le préambule de la résolution et non dans le corps du texte a cassé l’élan. C’est cette “petite disposition” qui a freiné net un vote qui pour le coup aurait été vraiment historique et aurait drainé un cercle vertueux pour avancer sur les autres contentieux lourds.
Le diplomate américain invite à s’arrêter sur le hiatus entre la position officielle des USA et de Trump – le plan d’autonomie est “l’unique solution” -, et la résolution du 31 octobre laquelle “laisse la porte ouverte à d’autres idées et évoque la non-exclusivité de cette proposition” marocaine. Mieux encore : même le référendum d’autodétermination n’est pas enterré, d’après lui…
Il renvoie aux parties en conflit pour trancher définitivement, à travers le dialogue, le noeud gordien vieux de quelque 5 décennies. “Il peut y avoir une forme de vote, comme dans tout scrutin”, a ajouté Boulos. Quant à la désignation de ceux qui pourraient voter, c’est là un “détail” qui n’a pas encore été débattu, a-t-il déclaré.
“Nous encourageons les parties à évoquer tous ces détails pour arriver à une solution acceptable pour tous. Il peut aussi y avoir une solution définitive acceptable pour tous sans recours au vote”, a-t-il plaidé sur la chaine française. Un argumentaire qui corrobore les confidences faites sur TSA.
Par ailleurs le Haut-conseiller de Trump a martelé que les deux parties concernées sont le front Polisario et le royaume du Maroc, et que par conséquent si négociation il y a cela se fera entre ces deux entités, ce que du reste a dit le président algérien Abdelmadjid Tebboune.
Au sujet de la prochaine phase après la résolution, Boulos a fait savoir qu’il y aura une proposition du Maroc sur la base de la proposition de 2007, mais avec plus d’indications (Attaf a confié que l’ONU a reproché au plan de Rabat son caractère laconique). “Avec la sagesse du roi et des Marocains, nous savons que c’est un pas très sérieux. Il y a une volonté sérieuse pour mettre fin à ce conflit et le seul moyen pour y mettre fin, c’est l’accord des deux parties”, a déclaré l’émissaire de Trump.
“Nous comptons sur la sagesse de Sa majesté le roi et du président algérien Abdelmadjid Tebboune et des Algériens de façon générale (…) Nous savons que l’Algérie et le président Tebboune sont ouverts pour ce dialogue”, a-t-il conclu…
De ce point de vue le souverain Mohammed VI a tendu la perche au chef de l’Etat algérien dès le soir du vote à l’ONU. Et cette fois le Roi s’y est mieux pris qu’en novembre 2022, quand il avait boudé le Sommet de la Ligue arabe en Algérie pour finalement se rabattre sur une invitation à dialoguer chez lui, à Rabat. Une invitation à laquelle Alger n’a jamais répondu et c’était prévisible. Tebboune n’a pas répondu non plus à la dernière offre de Mohammed VI. Nous verrons bien.
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