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Scandale Epstein : Ehud Barak sort du silence

    Sous le feu des critiques après la publication de milliers de documents et d’enregistrements liés à l’affaire Jeffrey Epstein, l’ancien Premier ministre israélien Ehud Barak est sorti de son silence. Dans un entretien accordé à la chaîne israélienne 12, il a reconnu avoir maintenu une relation avec Epstein après sa première condamnation en 2008, tout en exprimant des regrets.

    Il s’agit de sa première réaction publique depuis la divulgation, le 30 janvier dernier, d’un nouveau lot de documents par les autorités américaines concernant Epstein, retrouvé pendu dans sa cellule à New York en 2019 alors qu’il attendait son procès pour trafic sexuel de mineures.

    Une relation commencée en 2003

    Ehud Barak a expliqué que sa rencontre avec Jeffrey Epstein remontait à 2003, lors d’un grand événement à Washington. Selon lui, l’ancien président israélien Shimon Peres lui aurait alors présenté Epstein en ces termes : « C’est un bon Juif, je le connais bien ».

    À l’époque, Epstein évoluait dans les cercles politiques, économiques et académiques américains, fréquenté par des personnalités de premier plan. Barak a affirmé que, jusqu’à la réouverture de l’enquête en 2019, personne, y compris au sein de l’élite américaine, n’avait conscience de l’ampleur réelle des crimes d’Epstein.

    En 2008, Jeffrey Epstein avait été condamné dans une affaire de sollicitation d’une mineure à des fins de prostitution. Il avait conclu un accord judiciaire et purgé environ un an dans une prison ouverte en Floride.

    Ehud Barak a reconnu avoir poursuivi ses échanges avec Epstein après cette condamnation. Il a confirmé l’existence de courriels échangés, de rencontres et de visites répétées dans son appartement à New York.

    Selon lui, à cette période, Epstein était perçu aux États-Unis comme quelqu’un ayant « payé sa dette à la société » et ayant repris une activité publique. Il a ajouté que de nombreuses figures influentes dans les milieux politiques, économiques, académiques et culturels continuaient alors à entretenir des relations avec lui.

    « Je suis responsable de mes décisions »

    Interrogé sur ses choix, Barak a admis ressentir des regrets. « Je suis responsable de toutes mes actions et décisions. Il y a matière à se demander si j’aurais dû vérifier plus profondément. Je regrette de ne pas l’avoir fait », a-t-il déclaré.

    Il a néanmoins affirmé que, même si de nouveaux documents venaient à être publiés concernant une relation qui a duré plus de 15 ans, ils ne révéleraient « aucun acte criminel, illégal ou inapproprié ».

    Concernant les accusations relatives à des visites sur l’île privée d’Epstein, Barak a nié toute fréquentation répétée. Il a assuré n’y être allé qu’une seule fois, pour une durée de trois heures en plein jour, accompagné de son épouse et de trois gardes du corps. Selon son récit, il n’y aurait rencontré qu’Epstein et quelques employés.

    Les documents publiés récemment mentionnent à plusieurs reprises le nom d’Ehud Barak et incluent des photographies le montrant dans l’appartement new-yorkais d’Epstein. Des rapports ont également évoqué des liens d’investissement entre les deux hommes.

    Une polémique à dimension politique en Israël

    En Israël, l’affaire a pris une tournure politique. Le camp de la droite a saisi l’occasion pour remettre en cause l’éthique et les standards moraux de l’ancien Premier ministre, d’autant plus qu’Ehud Barak se positionne aujourd’hui comme opposant au gouvernement dirigé par Benjamin Netanyahu.

    La publication des nouveaux documents a ravivé les débats sur les réseaux de pouvoir et d’influence ayant gravité autour d’Epstein pendant des années. Si Barak affirme n’avoir rien à se reprocher sur le plan légal, la question de la responsabilité morale et du discernement continue d’alimenter les critiques.

    Au-delà du cas individuel, ces révélations rappellent l’ampleur internationale de l’affaire Epstein et l’implication présumée de personnalités de haut niveau issues de divers pays, dans un scandale qui, plusieurs années après la mort du financier américain, continue de produire des secousses politiques et médiatiques.

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