Economie

Selon Mustapha Kamel Nabli, ni l’Etat, ni le gouvernement ni le peuple n’ont plus le contrôle des finances

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Aujourd’hui le 8 novembre 2016, l’économiste et politicien Mustapha Kamel Nabli a fait une déclaration dans laquelle il a détaillé les origines de la crise économique actuelle tout en évoquant les lacunes du projet de loi de finances 2017.

En effet, selon lui, la situation économique et financière du pays est particulièrement critique dans la mesure où ni l’état, ni le gouvernement ni le peuple n’ont plus de contrôle sur les finances publiques. La preuve, un taux d’endettement qui avoisine les 62%. L’ancien candidat à la présidentielle a rappelé que ce taux était de 40% en 2010, de 50% en 2014 pour atteindre les 62% cette année.

 Il a expliqué que la situation politique instable ainsi que le manque de confiance dans les gouvernements qui se sont succédé est intimement liée à la crise. En 2014, les élections présidentielles et législatives qui étaient sensées instaurer un climat favorable à l’investissement et apporter une paix sociale ont au contraire produit davantage d’instabilités et de tentions. L’augmentation annuelle de l’endettement l’atteste.

Le décalage entre les dépenses de l’Etat (11%) et ses revenus fiscaux (1.8%) n’a fait qu’approfondir la crise. La politique économique de « stop and go» suivie depuis 2014 et (qui consiste à alterner des phases de relances et de retenu afin de contenir l’inflation)  n’a pas donné ses fruits. Selon MKN, « on n’a pratiqué que le go, sans jamais s’arrêter », et les taux de croissance insignifiants en sont la preuve.

Par ailleurs, l’ex gouverneur de la banque centrale a insisté sur le lien entre la situation politique du pays et celle financière et économique. L’incapacité des gouvernements successifs à prendre des mesures décisives a propagé doutes et méfiances dans les affaires comme dans les liens Etat-peuple. De plus les fléaux de la corruption et de la contrebande ont davantage gagné du terrain faussant toute tentative d’imposer des reformes globales.

Concernant la loi de finances 2017, Nabli a fait remarquer les lacunes du projet dues essentiellement à sa préparation hâtive. Selon lui, les problèmes économiques et financiers étaient prioritaires à l’installation d’un gouvernement d’unité nationale, hors, c’est la mise en place de ce dernier qui était favorisée. Alors que plusieurs objectifs fixés en 2016 n’ont pas été atteints, l’ARP discute déjà ceux de 2017. Afin de reprendre les choses en main, l’économiste a suggéré la création d’une commission indépendante de spécialistes. Cette commission devrait analyser la situation économique en profondeur et apporter des solutions au moyen et long terme. A titre d’exemple, elle pourrait étudier cas par cas les défaillances de chaque secteur économique et préparer à l’avance le budget de 2018.

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