Séparer le bon grain de l’ivraie – Par Maher Ben Ghachem

Maintenant que la crise de l’enseignement est terminée, je souhaite faire une précision aux enseignants qui justifient leurs revendications par la pénibilité de leur métier et certains déclarent non sans arrogance : nous enseignons à vos enfants et leur permettons d’accéder aux études supérieures ! Sic…
Chers messieurs je crois que ce Yacoubi vous a gonflé la tête.
Tout en respectant votre noble métier, sachez toutefois qu’il est aussi important et indispensable que :
– celui du militaire et du policier qui veillent à notre sécurité;
– celui de l’infirmier qui a la responsabilité des soins;
– celui du médecin qui vous soigne et soigne vos enfants;
– celui des agents de la STEG qui réparent les pannes d’électricité;
– celui des agents de la SONEDE qui veillent à la distribution de l’eau pour vous désaltérer et vous laver,  etc. Et la liste est encore longue!
Devenir enseignant du secondaire n’est pas plus difficile qu’une autre carrière et ne demande pas un cursus plus long que d’autres métiers.
Si les professeurs en médecine ont choisi de passer plus de la moitié de leur vie à l’hôpital c’est par passion de l’enseignement et on peut se targuer d’avoir formé des centaines et des centaines d’étudiants en médecine et contribué à la carrière de centaines de spécialistes et de Professeurs.
Nous avons réclamé l’amélioration de nos conditions de vie mais nous n’avons pas pris en otage des patients pendant des semaines mettant dans l’angoisse les familles.
Durant cette crise, personnellement j’ai reçu des dizaines de coups de fil de parents désespérés de voir leurs enfants rater une année et surtout ceux qui passent le bac cette année !
Que dire des membres du gouvernement alors? Ils ont dû être harcelés par un téléphone qui n’arrête pas de sonner.
Ils ont discuté avec un fou furieux, arrogant et impoli, utilisant des menaces jamais relevées ni par les ministres concernés, ni par le porte-parole et encore moins par le CDG!
Même Tabboubi, chauffé à blanc par des tiers a fini par venir à la table et contribuer largement à sauver l’année scolaire!
Maintenant quel est le prix de tout cela?
De toute les façons la facture c’est tout le peuple qui la paiera, y compris ceux qui ont contribué à l’alourdir.
Les séquelles seront difficiles à effacer, mais cet exercice de démocratie le gouvernement l’a réussi et n’a pas lâché les premiers jours, alors que le risque de la chute par la rue était très grand et autant voulu par presque tout le monde à Carthage.
Il a fallu un sang-froid implacable et une volonté de fer pour ne pas dilapider les finances publiques aux premières revendications.
A présent, il faut que l’UGTT comprenne que la politique de maintien d’entreprises publiques largement déficitaires n’est plus possible si on veut arrêter l’endettement.
L’exemple de la RNTA est le plus éloquent de ce que peut être la dilapidation des deniers publics alors que sa privatisation peut renflouer les caisses de l’état.
La production de phosphates doit reprendre de façon continue et l’exploration d’autres ressources minières doit recommencer de façon plus sérieuse (ceci est de la responsabilité du gouvernement).
Je souhaite adresser un message aux tunisiens : la construction de ce pays ne dépend pas seulement d’un gouvernement ou d’un parlement, aussi élu soit il.
Chaque citoyen doit faire au mieux ce qu’il a à faire et  se demander ce qu’il peut faire pour son pays avant de s’adresser à l’état « providence »
Vive la Tunisie!

Maher Ben Ghachem

Ancien Professeur à La Faculté de médecine – Ancien Interne des Hôpitaux de Paris.

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