Si en Tunisie, on attendait que toutes les conditions soient réunies, on n’opérerait jamais… Par Maher Ben Ghachem

En 1981, j’ai intégré l’équipe du Professeur Kassab. L’institut d’orthopédie qui porte son nom aujourd’hui était une référence internationale ! Je faisais trois journées opératoires et deux consultations interminables. L’anesthésie n’était pas médicalisée et sur les gros cas nous avions de la casse. J’allais à son bureau très souvent, pour lui dire que ce n’était pas normal de travailler dans ces conditions, moi qui revenait des hôpitaux parisiens. Sa réponse était implacable : si en Tunisie, on attendait que toutes les conditions soient réunies, on n’opérerait jamais.

En 1990, j’ai créé à mon tour le service d’orthopédie à l’hôpital d’enfants et exigé en quelques années la création du département d’anesthésie réanimation. Contre vents et marées et même contre certains avis de patrons d’anesthésie qui se reconnaîtront. C’est  dire que rien n’était facile. Nous y sommes arrivés malgré toutes les difficultés. Nous étions confrontés à des conditions de travail  extrêmement difficiles : manque de personnel, ascenseurs en panne, murs des blocs opératoires lézardés, climatisation en panne, stérilisation défectueuse etc. Nous nous battions  comme des lions, nous étions là avant tout le monde et nous sortions après tout le monde. Petit à petit, nous avons construit une équipe, soigné des milliers de citoyens et formé des centaines de médecins.

JAMAIS L’IDÉE DE DÉMISSIONNER NE M’A EFFLEURÉ L’ESPRIT
Ceux qui démissionnent sont des « losers », surtout quand ils ne sont pas responsables des problèmes. C’est toujours pareil : ne critiquent que ceux qui ne connaissent pas le travail dans les hôpitaux, dans l’administration, ceux qui n’ont rien fait dans leur vie.A ceux là, je dis TAISEZ VOUS !!! Mettez la main à la pâte et arrêtez votre misérabilisme sur les réseaux sociaux. Nous sommes une démocratie en pleine construction. Nous sommes un pays pauvre. Mais nous avons un beau pays riche de cerveaux et de jeunes qu’il faut encourager. J’y crois et vous n’entamerez pas mon moral.

Maher Ben Ghachem, Ancien Professeur à La Faculté de médecine – Ancien Interne des Hôpitaux de Paris.

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