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Surexposition à la violence sur les écrans : Ce que cela peut nous faire à long terme [Vidéo]

    De nos jours, les scènes de violence sont de plus en plus présentes dans notre quotidien, notamment à travers les réseaux sociaux. Maltraitance animale, tentatives de suicide, violences envers les enfants, harcèlement scolaire, agressions filmées… Il suffit d’ouvrir une application pour être confronté à des images choquantes, souvent partagées sans filtre ni contexte.

    Face à cette multiplication des contenus violents, une question revient avec insistance : qu’est-ce qui explique cette montée de l’agressivité et quels effets peut-elle avoir sur nous à long terme ?

    Intervenant au micro de Tunisie Numérique, le sociologue Mohamed Jouili explique que les réseaux sociaux sont devenus des espaces où les individus partagent leurs émotions, leurs préoccupations, leurs expériences personnelles et leur identité, qu’elles soient positives ou négatives. La violence, selon lui, s’inscrit désormais dans cette dynamique d’exposition de soi.

    Nous vivons, affirme-t-il, une volonté permanente à se montrer et à exister sur les réseaux, peu importe la nature de l’expérience partagée. Beaucoup cherchent avant tout la reconnaissance, la visibilité et la construction de leur identité à travers le regard des autres. Cette quête peut emprunter des voies positives, mais aussi des chemins négatifs, comme se mettre en scène dans des actes violents, agresser autrui ou maltraiter un animal afin de choquer, impressionner ou provoquer des réactions.

    Pour Mohamed Jouili, cette tendance traduit une volonté de se construire une identité en rupture avec les principes, les valeurs acquises et les repères éthiques. Il ne s’agit plus seulement de montrer qui l’on est, mais de prouver ce que l’on est capable de faire, quitte à mettre de côté les normes sociales, familiales et morales. Cette transgression devient, dans certains cas, un moyen de se positionner dans un espace numérique marqué par une forte concurrence pour l’attention.

    Le sociologue va plus loin en qualifiant ce phénomène de “maladie sociale”, en particulier lorsqu’il atteint des formes extrêmes. Cette surenchère de violence révèle, selon lui, un stress intérieur profond, lié au besoin de s’imposer, d’exister et de ne pas disparaître dans la masse. Le phénomène est aggravé par la perte de repères, tant sociaux que culturels, et produit des effets très négatifs sur l’individu, mais aussi sur l’ensemble de la société.

    L’exposition répétée à ces contenus violents finit par banaliser la violence, la rendant progressivement partie intégrante de notre quotidien. Face à cette normalisation, deux attitudes se dégagent : soit une résistance et un rejet de ces images, soit, au contraire, une acceptation progressive, voire une fascination.

    Selon Mohamed Jouili, ce glissement est particulièrement dangereux, car il transforme la violence en spectacle ordinaire, affaiblit l’empathie et menace la cohésion sociale. Une prise de conscience collective devient alors essentielle pour comprendre les mécanismes à l’œuvre et limiter les effets à long terme de cette surexposition sur les individus et la société.

    Commentaires

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