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Syrie : al-Charaa pousserait ses pions et le reniement du djihadisme jusqu’à livrer à la Chine les Ouïghours

Syrie : al-Charaa pousserait ses pions et le reniement du djihadisme jusqu’à livrer à la Chine les Ouïghours

    Le chef djihadiste devenu président de la Syrie, Ahmed al-Charaa alias Abou Mohammed al-Joulani, se lave à grande eau depuis qu’il a pris les rênes du pays, après avoir chassé l’autocrate Bachar al-Assad. Il est de notoriété publique qu’al-Charaa était un éminent membre d’Al-Qaïda avant de migrer vers l’Etat islamique (Daech). Il a fini par quitter ce dernier sur fond de désaccord profond sur l’esprit du djihadisme ; il ne voulait pas d’une internationale djihadiste dit-on, juste « régler les problèmes » de sa région, Idleb, pour commencer. Mais ce CV djihadiste il ne veut plus en entendre parler, il fait tout pour l’ensevelir, quitte à lâcher ses compagnons d’armes.

    Celui qui en demande le plus c’est le président américain, Donald Trump, que d’ailleurs le président syrien est allé voir lundi dernier.  Il se dit que Washington harcèle Damas pour rejoindre l’attelage des pays arabes qui ont normalisé avec Israël en paraphant les Accords d’Abraham. Al-Charaa résiste (pour combien de encore ?), le symbole serait dévastateur pour sa stature d’ancien icône du djihad.

    L’homme fort de la Syrie n’en a pas fini avec la première puissance mondiale – les USA – déjà la deuxième, la Chine, pose ses exigences sur la table pour aider Damas. D’après une source gouvernementale, qui a préféré rester dans l’anonymat vu le caractère explosif de ce dossier, le chef de la diplomatie syrienne, Assaad al-Chaibani, devrait aborder le sujet des combattants ouïghours lors de son déplacement à Pékin ce lundi 17 novembre…

    «À la demande de la Chine, Damas a l’intention de remettre les combattants par groupes, après que la Chine a refusé qu’ils soient intégrés dans l’armée syrienne», a ajouté cette source, en précisant que «la Syrie a l’intention de remettre 400 combattants ouïghours à la Chine prochainement», rapporte RFI.

    Le ministre chinois des Affaires étrangères, Wang Yi, a assuré ce lundi que son pays appuiera les actions en faveur de la paix en Syrie ; il l’a dit lors d’un entretien avec son homologue syrien, a ébruité son cabinet. «La partie syrienne s’est engagée à ne permettre à aucune entité d’utiliser le territoire syrien pour porter atteinte aux intérêts de la Chine», a corroboré le ministère chinois après la réunion.

    De là à penser que les combattants ouïghours seront sacrifiés sur l’autel de l’aide chinoise il n’y a qu’un pas. Le problème pour la Syrie c’est qu’elle a urgemment besoin de tout pour se refaire une santé après le départ précipité du dictateur. C’est sur cette corde sensible que tirent la France, les Etats-Unis, l’Arabie saoudite, la Turquie, la Russie et maintenant la Chine. Les milliers de combattants étrangers ne pèsent pas lourd face à ça.

    Ils avaient rappliqué en Syrie en 2011 pour épauler les rebelles islamistes face à l’armée d’al-Assad et face à son parrain, la Russie. Al-Assad a décampé en décembre 2024 direction la banlieue chic de Moscou, les djihadistes ouïghours eux sont restés. Ces musulmans turcophones ont quitté le nord-ouest de la Chine pour prêter main forte aux insurgés syriens…

    Ils avaient atterri dans le Parti islamique du Turkestan (TIP), un groupuscule djihadiste domicilié dans la région d’Idleb (nord-ouest), donc chez le futur président syrien. Ils ont fait le boulot, si on peut dire, les priorités d’al-Charaa ont changé depuis. Il a décrété la dissolution des groupes armés.

    Fin décembre 2024 il a installé d’ex-rebelles, parmi lesquels au moins un Ouïghour, dans des hautes fonctions au sein de la nouvelle armée. Les nouvelles forces armées ont une unité composée de Ouïghours, ils sont évalués par l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH) à 3200 – 4000 combattants. Est-ce qu’al-Charaa ira jusqu’à démanteler ce groupe et extrader certains de ses soldats vers la Chine ? Suivra-t-il les pas du Maroc ?

     

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