Syrie: Un cargo russe accusé de transport d’armes

Une compagnie britannique a annulé l’assurance d’un navire, soupçonné de transporter des hélicoptères russes à destination de la Syrie, alors qu’il se trouvait au large de l’Écosse.

Crédits photo : MIKHAIL KLIMENTYEV/AFP

Officiellement, la Russie n’exporte pas de nouvelles armes offensives en Syrie. Et encore moins pour réprimer la contestation actuelle contre le régime de Bachar Al-Assad. La France, les États-Unis et plusieurs autres pays occidentaux l’en accusent pourtant, plus ou moins ouvertement. Moscou, de son côté, répond n’enfreindre aucune loi internationale, tout en affirmant que Washington arme bien pour sa part l’opposition…

À nouveau sur le devant de la scène suite à la récente tenue du Salon de l’armement près de Paris, les ventes d’armes russes à la Syrie font encore parler d’elles. Le MV Alaed, un cargo russe soupçonné de transporter des hélicoptères d’attaque vers la Syrie, a dû stopper ses machines au large de l’Écosse. Une compagnie britannique, Standard Club, a tout simplement décidé d’arrêter de l’assurer. «Nous avons été informés que l’Alaed transportait des munitions destinées à la Syrie» a déclaré l’assureur, avant d’ajouter avoir «déjà informé le propriétaire du navire que leur couverture d’assurance prenait fin avec effet immédiat du fait de la nature de leur périple».

Une information américaine

Selon le journal britannique The Daily Telegraph, l’information initiale viendrait directement des responsables britanniques, eux-mêmes alertés par les États-Unis. En effet, fournir une assurance britannique à la cargaison supposée de l’Alaed contreviendrait à l’embargo du Conseil européen sur les armes et le matériel pouvant être utilisés pour la répression contre la population en Syrie. Sans assurance, le navire pourrait être contraint à accoster dans un port, abandonner sa course vers la Syrie ou encore trouver un assureur à l’extérieur de l’Union européenne. Le ministre britannique des Affaires étranges, William Hague, a annoncé que le navire était reparti en direction de la Russie, sans donner davantage de détails.

D’après le quotidien, l’Alaed transporterait des hélicoptères Mi-25, la version export du Mi-24 Hind-D, surnommés «tanks volants», initialement vendus à Damas à la fin des années 80. L’Alaed les aurait récupérées à Kaliningrad pour les apporter à leur usine de manufacture en vue de leur entretien et de leur réparation. Selon le Daily Telegraph, le cargo serait passé par la mer du Nord pour rejoindre la Méditerranée et, «plus probablement», le port syrien de Tartous, qui abrite une base navale russe. Une base qui doit d’ailleurs voir arriver sous peu deux navires de guerres russes, avec à leur bord des membres d’une unité d’élite, officiellement envoyés pour «protéger les citoyens russes» et «démanteler les équipements de la base» en cas d’aggravation de la situation.

En avril, un cargo allemand soupçonné de transporter des armes en provenance d’Iran à la Syrie, avait été inspecté par les autorités turques. Sans que rien d’illégal ne soit finalement découvert. De son côté, la Russie peut toujours se défendre de ne pas livrer de «nouvelles» armes à la Syrie, celles mises en cause datant d’un contrat vieux de plusieurs décennies. De plus, les hélicoptères ont été vendus dans une optique défensive, pour que la Syrie puisse se parer à des «attaques extérieures» insiste Moscou.

Source: Le Figaro.fr

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