Les récentes décisions du cabinet israélien de sécurité et des affaires politiques concernant la Cisjordanie occupée ont provoqué une large vague de critiques palestiniennes. Plusieurs responsables les qualifient de plus dangereuses depuis l’occupation de 1967, avertissant qu’elles pourraient marquer un tournant majeur dans la réalité juridique et politique du territoire et ouvrir la voie à une annexion de facto à grande échelle.
Le président du Conseil national palestinien, Rouhi Fattouh, a dénoncé des mesures « racistes et dangereuses » qui, selon lui, révèlent l’intention du gouvernement de Benjamin Netanyahu de poursuivre un plan visant à annexer la Cisjordanie et à imposer de nouvelles réalités coloniales sur le terrain, notamment à l’approche d’échéances politiques importantes.
Fattouh a estimé que ces décisions constituent une violation flagrante du droit international et un démantèlement délibéré des accords signés, en particulier l’accord d’Hébron de 1997. Il a également évoqué une escalade sans précédent dans ce qu’il décrit comme une politique de « purification coloniale », portant atteinte aux droits historiques et juridiques du peuple palestinien.
L’accord d’Hébron remis en question
Signé le 17 janvier 1997, l’accord d’Hébron divise la ville en deux zones : Hébron 1, sous autorité palestinienne, et Hébron 2, placée sous contrôle israélien et comprenant de vastes secteurs du sud et de l’est de la ville.
Selon Fattouh, le transfert des compétences en matière de planification et de construction à l’« administration civile » relevant de l’armée israélienne — notamment autour du sanctuaire d’Ibrahim — ainsi que la transformation d’avant-postes de colonisation en autorités locales indépendantes, videraient cet accord de sa substance et constitueraient une étape avancée vers l’annexion effective d’Hébron, de Bethléem et de larges portions de la Cisjordanie.
Mise en garde de Jérusalem et des factions palestiniennes
Le gouvernorat de Jérusalem a également alerté sur la gravité de ces décisions, les qualifiant de « criminelles » et de plus dangereuses depuis 1967. Selon lui, elles traduisent une tentative israélienne d’imposer un nouveau fait accompli colonial par l’expansion des colonies et la modification du statut juridique des territoires palestiniens occupés, y compris Jérusalem.
Les autorités palestiniennes soulignent que ces mesures sont nulles et non avenues et qu’elles contreviennent aux résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU, notamment la résolution 2334, affirmant qu’Israël ne possède aucune souveraineté sur les territoires occupés.
« Le dernier clou dans le cercueil » des accords d’Oslo
De son côté, le mouvement de l’Initiative nationale palestinienne a déclaré que les décisions du cabinet israélien représentent « le dernier clou dans le cercueil » des accords d’Oslo et le tournant colonial le plus dangereux depuis 1967. Selon le mouvement, ces mesures pourraient entraîner l’annulation effective des lois jordaniennes et palestiniennes relatives aux terres, ouvrant la voie à leur appropriation au profit des colons.
Le mouvement a également averti que ces décisions modifieraient profondément le cadre juridique existant en autorisant la démolition de bâtiments palestiniens dans des zones classées « A » et « B », la confiscation de terres enregistrées ou non, ainsi que la levée de la confidentialité des registres fonciers — autant de mesures susceptibles de faciliter l’expansion des colonies en Cisjordanie.
Ces politiques, ajoute-t-il, compromettraient toute perspective réaliste de création d’un État palestinien indépendant et mettraient un terme aux espoirs de relance du processus de paix.
Dans le même contexte, Hussein al-Sheikh, vice-président de l’Autorité palestinienne, a affirmé que les décisions israéliennes constituent une remise en cause totale des accords contraignants et une escalade dangereuse en violation du droit international. Il a averti qu’elles risquent de réduire davantage les perspectives politiques et d’entraîner la région vers une nouvelle phase de tensions et d’instabilité.
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