Enseignement

La thèse sur l’aplatissement de la terre : l’encadreur de la jeune étudiante réagit

Récemment, une grande polémique a été soulevée sur des rumeurs en relation avec une thèse de doctorat menée par une étudiante à la faculté de sciences de Sfax, qui voudrait prouver que la terre est plate.

Le chargé de communication au ministère de l’Enseignement supérieur Idriss Sayeh a expliqué qu’un brouillon de la thèse a commencé à circuler massivement sur les réseaux sociaux à partir du 1er avril, ce qui a fait croire à un poisson d’avril.  Toutefois, des académiciens ont commencé à commenter et il s’est avéré qu’il s’agit d’un véritable projet de thèse. Cela a attiré les foudres des internautes, et le ministère de l’Enseignement Supérieur a assuré suivre l’affaire et demander des explications.

Par ailleurs, Jamel Touir, directeur de la Thèse en question, est sorti de son silence en publiant (sur sa page officielle) dimanche le 2 avril 2017, les précisions suivantes : « L’étudiante que j’encadre a voulu revoir la théorie de la gravitation de la Terre autour du Soleil, en proposant l’hypothèse inverse. Cette étudiante a été encouragée par des chercheurs américains, et on lui a même envoyé des publications de la NASA. Les résultats préliminaires de cette étude ont été publiés dans une revue scientifique internationale. Et puis l’étude, ne parle pas de l’aplatissement de Terre, comme le disent certains ». Dans une déclaration à Shems FM, l’universitaire a assuré s’en tenir qu’à la rigueur scientifique en ajoutant que la thèse n’a été ni validée, ni publiée, ni soutenue : « La commission a toutes les prérogatives pour accepter ou refuser cette thèse. Je rappelle, également, que la loi interdit la publication d’un travail scientifique en cours d’étude ». Aussi, il a indiqué qu’il n’accepterait en aucun cas des arguments d’ordre religieux dans n’importe quel travail scientifique. Enfin, le directeur de la Thèse n’a pas caché sa surprise vis-à-vis la circulation du brouillon et l’ampleur que l’affaire a pris.

De leurs côté, certains universitaires tunisiens à l’instar de Sonia Naccache, et Hafedh Ateb ont démenti les propos de M.Touir. En effet, Naccache a souligné que le professeur à la faculté de Sfax a reconnu antérieurement qu’il s’agit d’une thèse acceptée et non d’un projet non validé, et qu’elle a été envoyée pour vérifier par la commission des thèses. Hafedh Ateb, a de son côté défié le directeur de la thèse de publier une copie de la thèse ou de son brouillon : « L’intitulé de la thèse  est: “le modèle PLATE-GEOCENTRIQUE DE LA TERRE: arguments et impact [sur les études climato / paléoclimatiques].” indique déjà le contenu. Bien entendu, une bonne partie de la thèse présente des arguments « qui n’ont rien de scientifique » pour montrer que la terre est plate, sans gravitation, fixe dans l’espace et que le modèle héliocentrique est erroné ».

Jamel Touir semble avoir accepté le défi puisqu’il a fini par publier le projet de la thèse.  Il n’a pas caché qu’il soupçonne l’existence d’un complot dans la sphère académique visant à porter atteinte à sa réputation et ses mérites. En attendant que des scientifiques et académiciens attestés se penchent sur le sujet, l’affaire est toujours à suivre.

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