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Tribune des lecteurs : Enfer sur le vol de Tunisair TU 722 du samedi 21 avril

Par Monsieur Skander ELLOUL

Voici les faits,

Samedi 21 avril 2018, le vol TU 722 pour Paris Orly devait initialement décoller à 15 h 00. Une semaine avant on nous prévient par email que ce sera à 16 h 00 suite à une réorganisation des vols.

Arrivé à l’aéroport à 14 h 00 et après mon passage par la douane, voilà une surprise de taille qui m’attend : le vol est programmé à 18 h 15. Etant dans le salon business, je m’en vais demander des explications à l’hôtesse présente à l’accueil. Sa réponse étant ” je suis une simple hôtesse, je ne suis pas au courant, vous n’avez qu’à aller vous renseigner ailleurs” je n’avais jamais entendu cela de ma vie, moi qui prend l’avion plusieurs fois par mois sur des compagnies internationales et me fais un devoir de voyager sur la compagnie nationale pour mes déplacements en Tunisie.

N’ayant pu obtenir satisfaction, je suis parti chercher cette information, toutes les personnes de Tunisair rencontrées ne savaient rien ou n’étaient pas au courant du retard qui s’affichait en gros sur les tableaux lumineux. Chacun se renvoyant la balle, personne ne voulait ou n’était capable de prendre le risque de donner une information.

Je me suis retrouvé dans la salle d’embarquement porte 15, il y avait là plusieurs familles avec enfants, personne n’était venu les voir pour des explications. Quelques instants plus tard, on leur a servi des boissons mais toujours pas d’explications…

Arrive l’annonce de l’embarquement à 18 h 00, cohue, cris d’enfants, vieillards s’avançant péniblement dans la foule (plus de 200 personnes prennent le vol). Tous se précipitent vers le comptoir, puis tout à coup, une information qui tombe : le vol est de nouveau retardé… pourquoi ? Rien !

Aucune information, les gens commencent à s’énerver contre le personnel qui se retranche derrière le ” je ne sais pas”… C’est toujours “je ne sais pas” !

Puis, vient une dame qui semble avoir quelques responsabilités. Elle était dans un coin de la salle discutant avec des passagers excités. Elle lâche : le vol a pris 4 heures de retard à Venise et arrive à peine.

Donc on ne partira pas ni à 18 h 00, ni à 19 h 00, on se dirige lentement vers un départ à 20 h 00 et ce fut le cas. Mais en partant à 20 h 00 il nous était impossible d’arriver à Paris Orly avant la fermeture de l’aéroport à 23 h 00, vu le décalage horaire. Panique dans la salle, cris, pleurs, aucune annonce, mais la bouche à oreille a fonctionné.  Toute la salle s’est soudain mise à réaliser ce qui aller lui arriver.

Le panneau lumineux venait d’afficher atterrissage à l’aéroport de Roissy 3, le terminal des charters, à l’autre bout de Paris !

La responsable a assuré tous les passagers qu’ils seraient pris en charge à Paris, que des bus affrétés par Tunisair allaient les ramener à Orly et que les équipes feraient tout pour les aider.

Quelques passagers ont préféré annuler leur vol car tout était flou dans les explications du personnel, on ne sentait pas la vérité sortir de leur bouche, “je me dédouane, je fuis mes responsabilités…”

Une fois le fait assimilé, tout le monde s’est mis à appeler ses proches à Paris pour les informer du changement. En discutant avec certains, ils m’ont indiqué qu’à Paris personne n’était prévenu du changement d’aéroport… encore de la mauvaise foi de la part du personnel de Tunisair.

A 20 h 15, nous étions à bord de l’avion A 330 et nous venions d’apprendre que l’on aurait pu partir à 19 h 00, mais que la compagnie a préféré faire partir un A 320 à 19 h 30 vers Paris Orly afin qu’il puisse passer la nuit sur place et coûter ainsi moins cher qu’un A 320.  On sacrifiait les passagers et les clients sur l’autel de la rentabilité.

Avec toutes ces péripéties, nous avons atterri vers minuit et quinze minutes, heure parisienne dans un aéroport vide, il y avait deux douaniers pour plus de 200 personnes, nos bagages sont arrivés assez tardivement. A une heure du matin, la majorité des gens étaient encore dans l’aéroport.

A l’arrivée, aucun personnel de Tunisair n’était sur place comme indiqué.  Bien sûr aucun bus, rien !  Aucune excuse si ce n’est le personnel de l’aéroport qui nous a assistés en essayant de faire le maximum à une heure du matin, alors qu’ils étaient prévenus tardivement du vol.

Les personnes dont les familles étaient présentes ressentaient de la colère et du dégoût vis à vis de Tunisair et de son personnel. Ceux qui pouvaient prendre un taxi (quand il y en avait un) pestaient contre le coût du trajet vers Paris : au moins 70 € à deux heures du matin avec bagages…

Mais le plus triste était de voir tous les jeunes qui devaient prendre le bus ou le métro, pour rentrer sur Paris, mais à CDG 3 et à deux heures du matin, il n’y avait rien, certains ont décidé de rester sur place en attendant le premier bus vers 5 h 00 du matin.

Voilà ce qui est arrivé sur le vol TU 722 de samedi 21 avril 2018, aucune excuse de la part de Tunisair, aucun souci de sa clientèle qui lui permet pourtant de survivre. La compagnie est à l’image du pays où personne n’ose prendre de décisions ou des responsabilités, chacun renvoyant à l’autre la faute.

Ah oui, j’oubliais : les plus malheureux dans tous cela, ce sont les passagers de Paris-Orly qui devaient partir à Tunis vers 19 h 00 et qui se sont retrouvés à Roissy 3 pour partir vers deux heures du matin… Un enfer vous dites !

Si nous ne faisons rien, la saison qui s’annonce risque d’être catastrophique pour la compagnie et pour l’image du pays.

Bien à vous”

Skander ELLOUL

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