Société

Tribune du lecteur : Amour et éducation

Tribune du lecteur :  Amour et éducation

Par Abdelhamid Trabelsi

Nos parents nous aimaient, mais à cette époque, il n’était pas d’usage de le montrer. On n’en parlait pas non plus. C’était une évidence et le fait d’aimer faisait partie de l’intimité familiale qu’on ne remettait jamais en question. L’amour, même filial, était une chose dont il ne fallait rien dire. Impossible de juger ou de jauger ce sentiment qui était comme une belle évidence pleine d’épines.

Les temps ont tellement changé en un demi-siècle que ça donne un certain vertige! Maintenant, il est de bon ton de clamer à nos enfants qu’on les aime et qu’ils sont notre plus grande richesse. Ils ont des droits. Au fur et à mesure qu’a grandi le confort technologique, la parole s’est enjolivée de mots d’amour qu’on a banalisés. C’est excellent pour nos petits. Mais aimés, adorés, chouchoutés, ont-ils une idée de la complexité de la société qui les entoure? Préservés dans du coton, ils ne voient que le côté brillant et facile. Seront-ils à la hauteur dans ce monde déstabilisé et fou ? Savons-nous vraiment éduquer nos petits ? Tout est sans cesse à recommencer en matière de savoir et d’éducation.

Nous étions élevés dans la sévérité ! Pas de démonstration ! L’éducation était stricte. « Si je te châtie, c’est pour ton bien! », on nous le répétait. Je ne me souviens pas d’avoir été câliné dans mon enfance, encore moins dans mon adolescence ou dans ma jeunesse, les bras maternels ont dû être présents, mais au-delà de ce que la mémoire nous transmet, ils furent là dans le monde paradisiaque du bébé. Ma mère n’avait ni le temps ni l’énergie nécessaire pour être à l’écoute de chacun d’entre nous. Papa travaillait dur, ce qui voulait dire que son silence à lui, était lourd, lourd de tout ce qu’il ne disait jamais.

Pourtant, je le dis encore, nos parents nous aimaient. Mais on faisait silence. La vie n’était pas si compliquée. On grandissait à la va comme je te pousse, on expérimentait à la mesure de notre quotidien et on obéissait, on aidait, on respectait les règles.

C’était cela l’amour : respecter les règles et respecter les gens autour de nous. Les règles ont disparu, qualifiées de désuètes.

Et le respect ?

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