Tunisie – 11 nourrissons morts à la maternité de Wassila Bourguiba : Les premiers éléments de l’enquête, et la société civile qui demande la tête du ministre

En Tunisie, ces dernières années, il se passe exceptionnellement, une journée, sans qu’on se trouve nez à nez avec une catastrophe, voire une hécatombe. Mais ce qui a été révélé ce samedi a de quoi faire bouillir le sang dans les veines des citoyens. Onze nourrissons ont trouvé la mort en deux jours, au centre de la maternité Wassila Bourguiba. Comme çà… D’un coup, sans qu’on ne sache pourquoi, sans donner la moindre explication aux parents abasourdis par ces annonces.

Il aura fallu attendre la mobilisation des réseaux sociaux et des médias, qui se sont emparés de l’affaire, pour que le ministère de la Santé, esquisse une ébauche de réaction, plutôt timide que maladroite.

En effet, la directrice générale de la santé a fait une déclaration aussi sèche qu’incompréhensible, pour dire qu’il s’agirait, probablement d’une infection qui aurait touché ces pauvres victimes, dont elle a tu l’origine, assurant qu’une enquête est en cours et que des dispositions ont été prises pour changer les lots de médicaments utilisés pour ces nouveaux nés et qui pourraient être la cause de cette hécatombe.

Elle a ajouté que le ministre de la Santé s’est déplacé à l’hôpital concerné et a ordonné de prendre les mesures nécessaires pour prévenir d’autres cas et mis à la disposition des parents des victimes une assistance psychologique. Un grand geste de largesse de sa part, en plus des cartons d’emballage de poches de sérum qu’ils auraient récupéré dans les poubelles pour y déposer les petits corps avant de les remettre aux parents incrédules.

Or, selon les sources de Tunisienumerique, cette infection a touché un total de 14 nouveaux nés et non pas onze, tous prématurés. Onze d’entre eux en sont décédés et les trois autres sont dans un état très critique.

Par ailleurs, tunisienumerique a su que la source probable de cette infection est le nutriment administré à ces bébés et qui aurait été concoctée dans les cuisines de l’Institut de nutrition, sous forme d’une purée liquide administrée aux nourrissons à travers une sonde de gavage gastrique.

Toujours est-il, que cette nouvelle catastrophe, puisque c’en est une, se dirige vers la résolution, hélas, devenue coutumière, en Tunisie. A savoir l’impunité totale des responsables, après une enquête qui va s’éterniser jusqu’à ce que l’histoire tombe dans les oubliettes. Or, le tunisien semble ne plus accepter de demeurer impuissant et non réactif face à l’incompétence et à l’insouciance de ses responsables.

C’est dans cette optique que la majorité de la société civile a appelé le ministre de la Santé à démissionner. Chose qu’il aurait dû faire, depuis le début du scandale, s’il avait le moindre respect pour son travail et pour le serment d’Hippocrate, qu’il avait prononcé et s’il avait le moindre sens de l’honneur. Mais non ! Au contraire, le ministre ne s’est pas ému outre mesure de cette catastrophe. De même ses subordonnés qui continuent, à qui mieux mieux, de s’agripper à leurs sièges.

Seule petite consolation dans ce drame, c’est quand on se rend compte qu’il y a, au moins, une personne sage et censée dans le pays, en l’occurrence, le président de la République BCE, qui a, illico-presto, convoqué ce ministre pour s’expliquer devant le haut conseil de sécurité de l’Etat, dès ce lundi. C’est-à-dire que BCE, considère cette affaire comme portant atteinte à la sécurité de l’Etat, et il n’a pas du tout tort.

BCE porte, ainsi, tous les espoirs des tunisiens, pour que la vérité sur cette triste affaire soit dévoilée et pour que tous les responsables, directs et indirects, assument leurs responsabilités et répondent de leurs insuffisances, à commencer bien sûr, par la tête de cette pyramide de l’incompétence qui est le ministre de la Santé, en attendant que l’enquête identifie les autres responsables à tous les niveaux !

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