Tunisie : 20% des PME au bord de la faillite, le gouvernement essaye enfin de les sauver !

Depuis plusieurs années, l’ensemble des parties prenantes à la question économique et sociale n’ont cessé d’alerter sur la situation difficile des PME en Tunisie. Peine perdue, les officiels ont d’autres occupations.

Selon une étude de la Confédération des entreprises citoyennes de Tunisie (CONECT) qui date du mois de mai 2018, 30% des PME sont menacées de faillite. L’Union tunisienne de l’industrie, du commerce et de l’artisanat (UTICA), a toujours exprimé son inquiétude face à la pression croissante subie par les entreprises et le risque de faillite qu’elles encourent, au regard des lourdes charges financières et fiscales.

Une récente note élaborée par le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) et le département en charge du développement, de l’Investissement et de la coopération internationale sur « l’Impact de la pandémie du Covid-19 sur l’économie tunisienne pour l’année 2020 » a fait une estimation des retombées en termes de l’accroissement de la fragilité financière des PME.

Les simulations réalisées montrent que le choc du Covid-19 accentuerait la fragilité financière de plusieurs secteurs d’activité à savoir les industries non manufacturières (-29%), le tourisme (-23%), le transport (-19.6%) et le textile (-17.7%).

D’après la note et afin d’assurer une relance économique effective et sauver les entreprises, il est urgent d’allouer une enveloppe d’appui financier direct à hauteur de 447.5 millions de dinars (soit à peu près l’équivalent de 1% du Budget de l’État).

Sous cet angle, Zouhair El Kadhi, directeur général de l’Institut tunisien de la compétitivité et des études quantitatives (ITCEQ) a déclaré qu’au vue de la vulnérabilité sectorielle constatée, 20% des PME feraient faillite.

Face à cette situation, Salah Ben Youssef, en charge du ministère de l’industrie et des PME a finalement réagi en annonçant, dernièrement, la mise en œuvre de ce qui a qualifié d’avantage concernant la prise en charge par l’Etat de la différence entre le taux d’intérêt des crédits d’investissement et le taux moyen du marché monétaire dans la limite de trois points pour les crédits octroyés par les banques et les établissements financiers au profit des PME.

Cependant, l’action du ministère en question semble être contradictoire puisque contrairement aux données déclarées tant aux rapports nationaux qu’internationaux, l’Instance tunisienne de l’investissement (TIA) vient de révéler que les chiffres de l’investissement durant les 4 premiers mois 2020 ont progressé à 933 millions de dinars contre 370 millions de dinars au cours de la même période de l’année précédente, soit une évolution de 150%.

D’ailleurs, selon l’instance, le nombre de projets de création est passé de 3 à 11, totalisant une enveloppe d’investissement de 271 millions de dinars dont 217 millions de dinars, prévus dans le cadre du régime totalement exportateur, ce qui représente 86% des projets déclarés et 65% des emplois générés.

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