Tunisie [2ème partie] : pourquoi il n’y aura jamais de fiches d’horaires pour les métros ?

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Dans la première partie de l’article, nous avons tenté d’exposer les facettes principales des problèmes du métro tunisien et ce que les voyageurs endurent particulièrement durant les heures de pointe.

Nous sommes allés poser la question « pourquoi n’existe-t-il pas de fiches d’horaires pour le métro ? » à M. Mohamed Chemli, le chargé de communication au sein de TransTu. Sa réponse était la suivante : «Il y a une série de raisons qui explique l’absence de fiches d’horaires. Et toutes les raisons sont liées, il y a comme un effet boule de neige. Comme vous le savez, nous disposons d’un matériel, d’un personnel, mais nous ne décidons pas de tout. Le métro, qui est plutôt un tramway, n’a pas la priorité absolue. Le métro a un nombre limité de passages, il a des feux et il passe par des intersections. Tout le problème est là, durant les heures de pointes, le non respect des feux de signalisation par certains chauffeurs de voitures, l’utilisation des rails du métro illégalement par les véhicules et le flux continu des automobiles sont tous des facteurs qui participent à augmenter le trafic et empêcher les métros d’être à l’heure… d’un autre côté, Transtu a depuis 2010 signé un contrat pour lui permettre d’avoir un dispositif assurant le suivi des métros par satellites. Toutefois, la société qui devait se charger du projet n’a pas tenu ses engagements et l’affaire est toujours devant le tribunal. »

M. Chemli a ajouté : «La population du Grand–Tunis n’a pas cessé d’augmenter et le métro a été mis en marche en 1985. À l’époque, il n’était pas prévu pour transporter le même nombre de voyageurs qu’aujourd’hui. En apparence, ces dérèglements et ces perturbations semblent aléatoires. En réalité, nous sommes en train de gérer via un effectif humain ce qui devrait être géré automatiquement grâce à la technologie. En l’absence d’outils technologiques et compte tenu des embouteillages et du cadre particulier des intersections, des routes et des comportements des conducteurs, il nous est impossible de fixer des horaires durant les heures de pointe, et de s’y aligner. »

A notre question concernant les possibilités d’amélioration, M.Chemli a annoncé des travaux d’envergure en cours qui comprennent la rénovation des boucles centrales de Tunis, (Bracelone, La République, etc.), l’ajout d’une troisième voie, la suppression de toutes les intersections via un plan étudié et efficace, la création de stations souterraines, etc. Ces travaux sont déjà en cours et ils devraient aboutir en 2018  à une transformation totale en absorbant le flux des milliers de voyageurs au quotidien.

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