Tunisie : A cause du chaos politique, le Trésor public est à sec ou presque…

Des officiels et des experts économiques martèlent depuis un certain temps, que le chaos politique qui a résultaté d’un système politique devenu nuisible à la gouvernance du pays a causé une détérioration inédite des finances publiques.

Les statistiques de la Banque centrale de Tunisie (BCT) publiées aujourd’hui mardi 28 juillet, montrent que le solde du compte courant du trésor est d’environ 557 millions de dinars, ce qui couvre, à peine, 5.1 jours de frais de gestion de l’Etat, sans tenir compte des frais d’équipement.

Les frais de gestion en question englobent selon le budget de l’Etat au titre de l’exercice 2020, les dépenses salariales (19030 millions de dinars), les frais de fonctionnement des services de l’administration (1683 millions de dinars), les interventions et les transferts sociaux y compris les subventions aux produits de base (7050 MD) et le service de la dette publique (11678 millions de dinars), soit un total de 39441 millions de dinars.

Dans le même contexte, les données de l’organe dépositaire central des titres et gestionnaire du système de règlement/livraison des titres régi par la loi 94/117, indiquent que les fonds des institutions financières injectés dans le Trésor public jusqu’à ce jour, s’élèvent à 13 millions de dinars.

Ces données dévoilent que le montant des souscriptions, c’est-à-dire les emprunts des institutions financières sous forme de placement en bons de Trésor à court terme s’élèvent à 128 millions de dinars et que les placements en bons de trésor assimilables ont atteint 12999 millions de dinars.

Ces indicateurs révèlent une réalité préoccupante qui nécessite une réaction précise. La première conclusion est que malgré les injections importantes des institutions financières, le solde de l’Etat demeure faible voire même à un niveau inquiétant.

La deuxième conclusion est que le chaos politique et du système économique post 2011 ont mené à une situation extrêmement difficile de la gestion de la trésorerie ne permettant pas de créer des réserves qui devraient, selon les normes internationales, couvrir une période de quatre-vingt-dix jours au moins pour affronter aisément les dépenses publiques et les dépenses imprévues.

On peut dire que la gestion du Trésor public s’est malheureusement transformée en gestion au jour le jour, loin de toute démarche prévoyante et réfléchie.

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